Woleu-Ntem : les enseignants maintiennent la grève et durcissent le ton

Réunis en assemblée générale le samedi 10 janvier 2026 à la Direction d’académie provinciale (DAP) d’Oyem, les enseignants du premier et du second cycles publics, membres du collectif SOS-Éducation, ont décidé de poursuivre la grève générale illimitée engagée depuis la mi-décembre. Une position ferme, motivée par l’absence de réponses jugées crédibles du gouvernement à leurs revendications structurelles, rapporte le quotidien L’Union, dans son édition de ce lundi 12 janvier 2026.
Venus d’Oyem, Bitam, Mitzic, Minvoul et Medouneu, les enseignants du Woleu-Ntem ont dressé, lors de cette rencontre publique, un bilan sans concession du mouvement en cours. Les intervenants ont dénoncé un « mutisme persistant » des autorités et un « manque de volonté » à apporter des solutions immédiates et pérennes aux dysfonctionnements qui minent le secteur éducatif. À l’issue des échanges, la décision est prise à l’unanimité : la grève est maintenue jusqu’à satisfaction complète des revendications.
Des revendications anciennes, des réponses attendues
Au cœur des doléances figurent la régularisation des situations administratives, la mise en solde des enseignants bénévoles, l’intégration des personnels qualifiés, ainsi que le paiement des rappels de solde aux ayants droit. À ces points s’ajoute la situation spécifique de près de 900 enseignants de sciences, dont les statuts et les rémunérations restent en suspens. Pour les grévistes, ces dossiers ne peuvent plus être traités par des annonces ponctuelles sans calendrier ni mécanismes de suivi.
La tonalité des échanges a été marquée par une forte dimension sociale. « Ventre affamé n’a point d’oreille. Si je ne suis pas bien rémunéré, si mes conditions de vie et de travail ne sont pas améliorées, comment pourrais-je être productif ? », a interrogé un enseignant, résumant un sentiment largement partagé. Les responsables syndicaux rappellent que les systèmes éducatifs performants reposent sur l’investissement humain et la stabilité professionnelle des enseignants.
Parents invités à garder les élèves à la maison. Dans l’attente d’un éventuel dénouement, les enseignants du Woleu-Ntem appellent les parents à maintenir les enfants à domicile, estimant que la responsabilité de la continuité pédagogique incombe d’abord à l’État employeur. Cette posture, déjà observée lors de précédentes crises, accentue la pression sur les autorités alors que l’année scolaire demeure fragilisée.
La persistance du mouvement relance le débat national sur la gestion des ressources humaines de l’Éducation nationale. Sans cadre de négociation formalisé, ni engagements budgétaires clairs, le risque est réel de voir s’installer une crise durable, aux conséquences directes sur le droit à l’éducation et la cohésion sociale.








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