Voeux à la Nation : Bilie-By-Nze dénonce une République de l’impunité
À l’occasion de la Saint-Sylvestre, Alain-Claude Bilie-By-Nze, dernier Premier ministre d’Ali Bongo et président du parti Ensemble pour le Gabon, s’est adressé à la Nation dans un discours offensif et sans concessions. Pendant plus de 17 minutes, le candidat malheureux à la présidentielle de 2025 a dressé un bilan sévère de l’action du pouvoir en place, trois ans après le changement de régime. Se présentant en porte-voix d’un peuple désabusé, il a dénoncé l’écart grandissant entre les promesses de rupture et la réalité vécue par les Gabonais.
Dès l’entame, l’ancien chef du gouvernement a rappelé les engagements initiaux pris au lendemain de la Transition : « On nous a promis la restauration des institutions, la restauration de l’autorité de l’État et de la dignité des Gabonais », avant d’ajouter la promesse de la fin « du clientélisme, des nominations de complaisance, de la république des copains et coquins, des passe-droits et de l’impunité ». Or, selon lui, « près de trois ans après, le constat est clair » : l’espoir suscité a laissé place à une profonde désillusion populaire.
Institutions affaiblies et justice sous pression
« Les institutions n’ont pas été restaurées. Elles ont même été rabaissées, soumises au diktat d’un seul homme », a affirmé Alain-Claude Bilie-By-Nze, dénonçant un fonctionnement en « exception permanente » et un « clair-obscur constitutionnel fait d’arrangements politiciens ». Il a fustigé également l’émergence d’une nouvelle élite dirigeante, qu’il assimile à « la république des copains, coquins et consanguins », estimant que les visages présentés comme nouveaux « ont en réalité l’air de déjà-vus ».
L’ancien Premier ministre s’est ensuite longuement attardé sur la question judiciaire, qu’il a jugé emblématique de la dérive actuelle. Selon lui,« La justice est aux ordres, elle est piétinée, et l’État de droit n’existe plus », a-t-il martelé. Évoquant le procès des Bongo présenté comme « l’affaire judiciaire du siècle », il a parlé d’un « simulacre de justice », d’une « mascarade » et d’une « pantalonnade », estimant que les principes fondamentaux du procès pénal ont été bafoués. Selon lui,« l’impunité s’est installée au sommet de l’État », renforcée par une loi d’amnistie aux contours flous.
Bilie-By-Nze a élargi sa critique à la situation socio-économique évoquant une hausse du coût de la vie, pression fiscale accrue, salaires gelés depuis plus de dix ans, pensions insuffisantes et chômage des jeunes en progression nourrissent, selon lui, une colère sourde. « Si tout a changé dans la vie des nouveaux maîtres du Gabon et de leurs proches, rien, ou presque, n’a changé pour le peuple », a-t-il regretté, dénonçant une gouvernance qui, à ses yeux, perpétue les pratiques qu’elle prétendait abolir.








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