Vie chère : suspension des taxes, un répit nécessaire mais insuffisant ?
Le gouvernement a annoncé, le 15 février 2026, la suspension provisoire de plusieurs prélèvements fiscaux, dont la TVA et certains droits de douane, sur des produits de première nécessité et des matériaux de construction. Une mesure de six mois destinée à préserver le pouvoir d’achat des ménages. Si l’initiative est saluée, le député d’Akanda Jean Gaspard Ntoutoume Ayi en souligne toutefois les limites structurelles.
Dans un contexte marqué par la pression persistante sur les prix, l’exécutif a décidé de suspendre, pour une durée de six mois, les droits de douane et certaines taxes applicables à des produits essentiels tels que le riz, la farine, le lait et les huiles. L’objectif affiché est clair : atténuer l’impact de la vie chère sur les ménages les plus fragiles et contenir la hausse des prix à la consommation. Cette décision, portée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema, s’applique aux opérateurs agréés et s’inscrit dans une politique de soutien conjoncturel au pouvoir d’achat. Elle intervient alors que l’inflation importée continue de peser sur les économies dépendantes des marchés extérieurs.
Une mesure saluée, mais jugée structurellement limitée
L’ancien directeur général de la Dette et député d’Akanda, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi, a accueilli favorablement l’initiative tout en appelant à une analyse plus profonde. « Depuis 1985, il subsiste une grave erreur d’analyse concernant le pouvoir d’achat des ménages et le coût de la vie », a-t-il déclaré sur sa plateforme Facebook, estimant que les réponses traditionnelles apportées par les gouvernements successifs demeurent insuffisantes.
Pour l’élu, les exonérations fiscales ou le blocage des prix constituent des réponses ponctuelles qui ne s’attaquent pas aux causes structurelles. « Même si les produits importés étaient exonérés de toute taxe, l’inflation sur les marchés internationaux ne pourra jamais être contenue ou niée. Les prix du lait, de la farine ou du riz ne dépendent pas que du cordon douanier », a-t-il souligné, évoquant des « facteurs exogènes sur lesquels nous n’avons aucune prise ».
Repenser le pouvoir d’achat par les revenus
Au-delà du débat fiscal, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi plaide pour une réorientation de la politique publique vers les revenus plutôt que vers les prix. Selon lui, les exonérations et subventions profitent indistinctement à toutes les couches sociales, y compris les plus aisées, au prix d’un coût élevé pour les finances publiques. Il propose ainsi d’indexer les salaires sur l’inflation et de mettre en place des aides ciblées en faveur des ménages vulnérables. « Il faut permettre aux salaires d’évoluer à minima au rythme de l’inflation et faire le choix d’allocations spécifiques et directes pour les plus démunies », a-t-il affirmé.
Si la suspension des taxes apporte un soulagement immédiat, elle relance un débat de fond : comment concilier urgence sociale et soutenabilité budgétaire ? Entre mesures palliatives et réformes structurelles, la question du pouvoir d’achat demeure un défi central pour la transition économique en cours.








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