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Football : au-delà des sanctions, l’exigence d’une riposte structurelle

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Après l’échec retentissant des Panthères et la colère suscitée au sommet de l’État, l’opinion publique gabonaise attend plus que des sanctions symboliques. Pour Dieudonné Minlama Mintogo, acteur politique et ancien candidat à la présidentielle de 2016, l’heure est à une réponse de fond : bâtir enfin une politique sportive cohérente, crédible et durable, seule capable de sortir le football national de l’ornière.

La débâcle du football gabonais ne peut plus être analysée comme une succession de contre-performances isolées. Elle révèle un malaise structurel profond, longtemps occulté par des discours de façade et une gestion à courte vue. Au-delà des sanctions annoncées ou attendues, les Gabonais réclament désormais une refondation complète du modèle sportif national.

Un système sans fondations solides

Le constat est sévère mais partagé. Sans championnats réguliers et compétitifs, sans une politique de formation rigoureuse, sans une organisation professionnelle clairement définie, sans infrastructures fiables et entretenues, et en l’absence de sources de financement stables et crédibles, le football gabonais ne peut prétendre rivaliser avec les meilleures nations africaines.

Dans ces conditions, espérer des résultats durables relève davantage de l’illusion que de la stratégie. « Les victoires ne se décrètent pas, elles se construisent », rappelle Dieudonné Minlama Mintogo, soulignant qu’à ce niveau de compétition, ni la chance ni le miracle ne peuvent compenser l’absence de bases solides.

Les expatriés, faux coupables d’un système défaillant

La tentation est grande, après chaque échec, de désigner des boucs émissaires. Les joueurs expatriés sont souvent en première ligne. Une approche jugée injuste et contre-productive par l’ancien candidat à la présidentielle. Pour lui, ces joueurs ne sont pas responsables des carences structurelles du football local. Ils en sont, au contraire, les victimes.

Livrés à un système désuet, marqué par l’amateurisme, la mauvaise gouvernance et l’incompétence, les internationaux gabonais tentent de compenser, sur le terrain, les failles d’une organisation qui ne leur offre ni continuité, ni cadre technique stable, ni environnement propice à la performance collective.

« On ne fait pas baisser la fièvre en cassant le thermomètre »

La formule est sans détour. Sanctionner sans réformer revient à masquer les symptômes sans traiter la maladie. Pour Dieudonné Minlama Mintogo, le mal est profond et la réponse doit être à la hauteur. Il n’y a plus de place pour la distraction, la manipulation ou les décisions cosmétiques. L’honneur sportif du pays est atteint, et l’affront doit être lavé par le travail, la rigueur et la responsabilité.

Gouvernement et Fédération face à leurs responsabilités. Le message est clair : le temps de l’esquive est révolu. Le Gouvernement comme la Fédération gabonaise de football doivent assumer pleinement leurs responsabilités. Cela implique de sortir des sentiers battus, de rompre avec les pratiques anciennes et de bâtir une véritable politique sportive nationale, fondée sur la planification, la transparence et l’évaluation des résultats.

Le rappel à l’ordre du Président de la République lors du dernier Conseil des ministres a marqué les esprits. Mais au-delà des mots, le contribuable attend désormais des actes concrets. Car le football, au Gabon, n’est pas qu’un sport : il est un marqueur social, un vecteur d’unité nationale et un révélateur de la capacité de l’État à structurer l’excellence.

L’heure des choix

La crise actuelle impose des décisions courageuses. Soit le pays s’engage résolument dans une refondation du football, en commençant par le niveau local, la formation et la gouvernance, soit il continuera d’aligner les désillusions sur la scène continentale. Comme le résume Dieudonné Minlama Mintogo, il n’y a plus de place pour les faux-semblants : « le mal est profond, la riposte se doit d’être vigoureuse et appropriée ».

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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