Transgabonaise : vers le remplacement d’Afcons après l’arrêt du chantier
À l’arrêt depuis plusieurs mois, le chantier de la route Transgabonaise pourrait connaître un tournant décisif. Selon des sources concordantes, une nouvelle entreprise serait en passe de remplacer le groupe indien Afcons, en difficulté sur ce projet stratégique.
Le projet de la Transgabonaise, censé moderniser l’axe routier reliant Libreville à Franceville, traverse une zone de fortes turbulences. Après des mois d’inertie sur le terrain, la Société autoroutière du Gabon (SAG), structure issue du partenariat public-privé entre l’État gabonais et le groupe Meridiam, envisagerait de confier la poursuite des travaux à un nouvel opérateur.
En cause : les difficultés rencontrées par l’entreprise indienne Afcons, initialement chargée de la première phase du projet.
Un chantier à l’arrêt malgré les promesses
Lancé le 25 septembre 2020 à Kougouleu par l’ancienne Première ministre Rose Christiane Ossouka Raponda, ce projet d’envergure devait permettre l’aménagement en 2×2 voies de cet axe économique majeur. La première phase, longue de 81 kilomètres entre les PK24 et PK105, représentait un investissement estimé à plus de 600 milliards de FCFA. Initialement prévue pour une livraison en mars 2022, l’infrastructure a connu de multiples reports.
En juillet 2024 encore, les responsables de la SAG rassuraient les autorités quant à une livraison imminente du premier tronçon avant la fin de l’année. Des engagements qui n’ont finalement jamais été tenus. Aujourd’hui, le constat est sans appel : le chantier est à l’arrêt, les équipements ont disparu et les travailleurs ont été mis en congé technique.
Afcons en difficulté, un départ en vue
Selon les informations disponibles, Afcons ferait face à des difficultés majeures, notamment liées à des contraintes de trésorerie et à une méconnaissance de l’environnement local. Ces obstacles auraient conduit l’entreprise à se désengager progressivement du projet, laissant planer un flou autour de l’avenir du partenariat initialement conclu avec la SAG.
Cette situation relance les interrogations sur la sélection des opérateurs dans le cadre de grands projets structurants, ainsi que sur le suivi de leur exécution.
Un projet stratégique en quête de relance
La Transgabonaise demeure un projet clé pour le développement économique du pays. En reliant Libreville à Franceville via Ndjolé, Lastoursville et Moanda, cette infrastructure est appelée à faciliter les échanges, réduire les coûts logistiques et soutenir l’activité industrielle.
Dans ce contexte, le remplacement éventuel d’Afcons apparaît comme une tentative de relance d’un chantier à fort enjeu, dont le retard pèse déjà sur les ambitions d’aménagement du territoire.
Entre attentes et incertitudes
Si l’arrivée d’un nouvel opérateur pourrait redonner un souffle au projet, plusieurs inconnues subsistent : calendrier de reprise, conditions contractuelles, capacités techniques du futur prestataire. Au-delà du cas Afcons, ce dossier met en lumière les défis récurrents dans la conduite des projets d’infrastructures au Gabon : retards, surcoûts et gouvernance perfectible.
À mesure que les décisions se précisent, la Transgabonaise s’impose désormais comme un test grandeur nature de la capacité des autorités à sécuriser et mener à terme les investissements structurants du pays.










GMT TV