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Traite transatlantique : 27 403 esclaves exportés du Gabon vers les Amériques entre 1400 et 1900 

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Le 25 mars dernier, l’Organisation des Nations unies (ONU) a franchi un cap historique en adoptant une résolution sans précédent. En qualifiant officiellement l’esclavage et la traite transatlantique de « pire crime contre l’humanité », la communauté internationale ne se contente pas d’un geste symbolique ; elle impose une lecture morale et juridique définitive sur quatre siècles de déportations.

En effet, cette décision résonne avec une force particulière à la lumière des recherches académiques publiées par le Quarterly Journal of Economics. Le tableau statistique des exportations d’esclaves entre 1400 et 1900 permet de prendre la mesure scientifique de ce traumatisme continental.

Le cas du Gabon : une saignée démographique

Dans cette nomenclature de l’indicible, le Gabon occupe une place spécifique. Selon les estimations compilées, environ 27 403 individus ont été arrachés à ce territoire pour alimenter exclusivement le commerce transatlantique. Si ce chiffre peut paraître inférieur aux millions de déportés d’Angola ou du Nigeria, il n’en demeure pas moins dévastateur pour les structures sociales de l’époque.

Contrairement à l’Éthiopie ou au Soudan, dont les populations ont été dispersées via les routes de la Mer Rouge ou transsahariennes, le Gabon a été tourné presque exclusivement vers les Amériques. Cette « spécialisation » géographique souligne l’intensité de l’impact des puissances coloniales occidentales sur la façade atlantique de l’Afrique centrale.

Une justice pour l’histoire

La résolution de l’ONU du mercredi 25 mars 2026 vient panser des plaies que les chiffres seuls ne peuvent exprimer. En érigeant la traite au rang de crime suprême, l’institution internationale valide le combat des historiens et des descendants de victimes.

Cette résolution rappelle que l’esclavage n’était pas seulement un système économique archaïque, mais une entreprise délibérée de déshumanisation. Aujourd’hui, l’enjeu dépasse la simple commémoration : il s’agit de comprendre comment ces siècles d’exportation humaine, illustrés par le cas gabonais, ont façonné les inégalités de développement actuelles. La reconnaissance de ce « pire crime » est le premier pas vers une réparation morale globale.

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