Tita Nzebi dévoile un nouvel album de 10 titres, entre mémoire, transmission et Réminiscence
Avec un album de 10 titres, dont le single « Mbama » déjà porté par un clip vidéo, Tita Nzebi signe un retour fort et introspectif. Réalisé par Leny Bidens, ce quatrième opus s’inscrit dans la continuité d’une carrière marquée par la fidélité artistique et l’ancrage culturel. Après Metiani (2011), From Kolkota (2019) et Mouma’ngue : cantines et berceuses du Gabon (2021), Tita Nzebi franchit une nouvelle étape avec ce quatrième album, construit comme une œuvre cohérente, portée par des fils conducteurs forts et assumés.
Intitulé « Reminiscence », l’album tire son nom d’un souvenir fragmentaire, presque insaisissable, dont l’artiste ne conserve plus qu’un extrait – repris dans la chanson éponyme – et une atmosphère sonore persistante. Cette réminiscence, vague et difficile à situer dans le temps comme dans l’espace, constitue le fil émotionnel du projet. Elle renvoie à une mémoire incomplète, à ces images intérieures qui s’effacent sans jamais disparaître totalement.
Pour traduire cette sensation, Tita Nzebi a fait le choix d’intégrer la sonorité délicate de la cithare du folklore gabonais, interprétée par le jeune compatriote Seth Adiahénot Tetey. Les vibrations de cet instrument traditionnel viennent envelopper l’album d’une dimension patrimoniale forte, invitant les mélomanes à un voyage intérieur entre mémoire intime et héritage culturel. À travers Reminiscence, l’artiste explore ainsi l’introspection, la mémoire collective et la transmission intergénérationnelle, en tissant un dialogue subtil entre souvenir personnel et identité gabonaise.
Une collaboration artistique au cœur du projet
L’album a été entièrement réalisé par Leny Bidens, que l’artiste considère comme « la collaboration la plus importante » de ce projet à Harold Leckat, dans un entretien exclusif à propos de la sortie de l’album. Tous les titres, à l’exception de 31 août, ont été arrangés par lui. Ce morceau particulier a été confié à Landry Onguelle, un choix personnel de Tita Nzebi.
Autre singularité : les chœurs sont exclusivement interprétés par des voix masculines venues de la République démocratique du Congo. « Un choix de ma part », confie l’artiste, qui revendique une esthétique sonore assumée et structurée. Le titre ECT incarne l’un des axes majeurs de l’album : l’exemplarité dans l’éducation des enfants. Les guitares y sont jouées par Sec Bidens et son fils Leny Bidens. Un symbole fort. « Pour illustrer justement le rôle de l’exemple dans l’éducation », explique-t-elle.
Sec Bidens et Jimmy Mbonda, les piliers de toujours
Le projet est également marqué par la présence fidèle de Sec Bidens, réalisateur de son premier maxi single Mbiss Miti. Plus de quinze ans après leur première collaboration, il intervient encore sur deux titres : ECT et 31 août. Sur ce dernier, Landry Onguelle a exigé sa guitare, et aucune autre.
Autre figure clé : Jimmy Mbonda, percussionniste historique de l’artiste. Présent sur toutes ses productions depuis le début de sa carrière solo, il accompagne également Tita Nzebi sur scène depuis ses premiers pas. Ces présences ne relèvent pas du hasard. Elles traduisent une fidélité artistique rare, qui confère à l’album une profondeur et une cohérence singulières.
« 31 août », une chanson-mémoire
Parmi les morceaux les plus forts figure 31 août. Cette chanson est née du décès de Maître Fabien Méré, avocat humaniste, profondément attaché aux droits de l’Homme. De son vivant, ce dernier animait chaque jeudi sur Facebook une rubrique intitulée #JeudiNoir, rappelant les événements du 31 août au Gabon.
« À son décès, plus de jeudi noir », confie Tita Nzebi. Ne pouvant reprendre son rôle ni son éloquence, elle a choisi de témoigner à sa manière, par la musique. « Je n’y étais pas, je n’ai ni ses mots ni son expérience. J’ai donc fait comme je pouvais », précise-t-elle à Gabon Media Time. Le morceau devient ainsi un acte de mémoire, une manière artistique de prolonger un témoignage citoyen.
Mbama, locomotive visuelle de l’album
Le titre Mbama, déjà accompagné d’un clip vidéo, sert de vitrine à l’album. Il illustre la maturité artistique de Tita Nzebi et sa capacité à conjuguer enracinement culturel et modernité musicale.
À travers cet opus, l’artiste ne livre pas seulement une succession de chansons. Elle propose un récit, une trajectoire, une réflexion sur la transmission, l’engagement et la fidélité. Avec ce quatrième album, Tita Nzebi confirme sa place singulière dans le paysage musical gabonais : une artiste libre, cohérente et profondément connectée à son histoire comme à celle de son pays.








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