A La UneDerniers articlesPOLITIQUE

Suspension des réseaux sociaux : Nicaise Moulombi dénonce une décision « excessive »

Ecouter l'article

Interrogé par la BBC, le président de l’ONG Croissance Saine Environnement, Nicaise Moulombi, a vivement critiqué la suspension des réseaux sociaux décidée par la Haute Autorité de la Communication (HAC). Pour l’acteur de la société civile, la mesure apparaît disproportionnée au regard des enjeux économiques, sociaux et générationnels qu’elle soulève.

La contestation de la décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) s’élargit. Dans un entretien accordé à la BBC, Nicaise Moulombi, président de l’ONG Croissance Saine Environnement, a estimé que l’institution « aurait pu procéder autrement ».

Selon lui, la suspension généralisée des réseaux sociaux constitue une réponse qu’il juge « extrême » et difficilement compréhensible pour une large frange de la population.

Un décalage face aux mutations numériques

Pour Nicaise Moulombi, cette décision traduirait avant tout « un décalage générationnel et institutionnel » dans la manière d’appréhender les transformations technologiques actuelles.

Les réseaux sociaux, souligne-t-il, ne peuvent plus être considérés comme de simples espaces de divertissement. Ils sont désormais des outils professionnels, des vecteurs d’expression citoyenne, des canaux commerciaux et des plateformes d’innovation. Les suspendre, affirme-t-il en substance, revient à freiner une part importante de l’activité économique et sociale du pays.

Un impact social sous-estimé ?

Dans un contexte marqué par un chômage persistant et un coût de la vie élevé, le responsable associatif s’interroge sur la prise en compte des conséquences concrètes de la mesure pour celles et ceux qui tirent leurs revenus de l’économie numérique.

S’il reconnaît la légitimité de réguler les dérives en ligne, il estime que la réponse aurait pu être plus ciblée. La loi, rappelle-t-il, prévoit des mécanismes permettant d’identifier et de sanctionner individuellement les auteurs de contenus illicites.

Selon lui, faire supporter à l’ensemble de la population les excès d’une minorité pose un problème de proportionnalité. En droit, insiste-t-il, les sanctions demeurent individuelles.

Entre sécurité et libertés

Nicaise Moulombi admet que la décision pourrait s’inscrire dans une logique de sécurité d’État. Toutefois, il appelle à la retenue et invite à attendre la réaction du président de la République, en sa qualité de chef du gouvernement de la Ve République.

En conclusion, il plaide pour une approche mesurée, conciliant impératifs de stabilité et respect des libertés fondamentales. Cette prise de position illustre la complexité du débat en cours : comment encadrer les usages numériques sans porter atteinte aux libertés publiques et à l’activité économique ? Une équation délicate qui place les autorités face à un enjeu à la fois juridique, social et générationnel.

Gabon Media Time

Gabon Media Time est un site d'actualité dont le slogan est " A l'heure de l'info". Nous entendons réinventer l'actualité en ligne gabonaise et sous régionale.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

[youtube-feed feed=2]
Bouton retour en haut de la page