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Suspension des réseaux sociaux : l’Etat dit vouloir protéger le peuple du porno

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Facebook, TikTok, Whatsapp, et Youtube sont sujettes à des restrictions depuis l’annonce faite le 17 février 2026 par la Haute autorité de la communication (HAC), causant l’ire des populations dans l’opinion publique. Invitée sur le plateau de TV5 Monde, la porte-parole de la présidence, Mélodie Sambat, a justifié cette mesure en affirmant qu’elle vise à protéger les citoyens, notamment les plus jeunes, contre la prolifération de contenus à caractère pornographique. 

Il est vrai que ces dernières années, les sextapes, photos et enregistrements audio à caractère sexuel ont régulièrement fuité et circulé massivement sur ces plateformes. Une situation préoccupante dans un contexte où les mineurs sont de plus en plus connectés et exposés aux contenus numériques. Toutefois, cette réalité peut-elle, à elle seule, justifier une suspension aussi large des réseaux sociaux, alors que le Gabon s’inscrit dans une dynamique de digitalisation de l’administration publique ?

Un argumentaire pas du tout logique

Selon Mélodie Sambat, la décision de la HAC relève d’une volonté de régulation des contenus qui « entravent nos mœurs, nos us et coutumes ». Une argumentation qui interpelle, car pendant que les plateformes sont restreintes, les personnes à l’origine de ces publications ne semblent pas inquiétées. La loi gabonaise prévoit pourtant des sanctions en cas d’atteinte aux bonnes mœurs. De ce fait, on est en droit de se demander, pourquoi ne pas privilégier l’application strictes des textes existants?

Pourquoi inclure Youtube, plateforme principalement dédiée au partage de vidéos éducatives, culturelles ou informatives, alors que les sites pornographiques connus demeurent accessibles ? La mesure paraît sélective et soulève la question de son efficacité réelle car, derrière l’argument de protection des mœurs, certains observateurs dénoncent un traitement à deux vitesses. In fine, pendant que les créateurs de contenus jugés problématiques continuent leurs activités sans être inquiétés, les citoyens subissent les conséquences de ces restrictions. 

Sans une application rigoureuse des lois et une véritable politique d’éducation numérique, la suspension des réseaux sociaux risque de ne pas résoudre le problème de fond. Elle pourrait plutôt fragiliser un écosystème numérique en pleine construction, au détriment de la liberté d’expression et du développement digital du pays.

Geneviève Dewuno Edou

Diplômée en journalisme,je suis chargée des rubriques Santé en plus d’être l’une des voix derrière de nombreux reportages de GMTtv. L'écriture, la pose de voix, la présentation du Journal télévisé sont les principales tâches que j’exécute et pour lesquelles je mets mes capacités au quotidien au profit de la rédaction de Gabon Media Time.

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