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Suspension des réseaux sociaux : le PDG appelle à une régulation équilibrée et lucide

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Dans un communiqué publié le 19 février 2026 à Libreville, le Parti démocratique gabonais (PDG) a réagi à la décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) de suspendre les réseaux sociaux « jusqu’à nouvel ordre ». S’il reconnaît les dérives observées en ligne, le parti exprime sa perplexité face à une mesure générale et non circonscrite dans le temps, appelant à une régulation proportionnée et respectueuse de l’État de droit.

À la suite de l’annonce faite le 17 février 2026 par le porte-parole de la Haute Autorité de la Communication (HAC) sur les antennes de la télévision nationale, le Parti Démocratique Gabonais (PDG) est sorti de sa réserve. Dans son communiqué signé par sa Secrétaire générale, Angélique Ngoma, le parti dit avoir accueilli la décision « avec étonnement ou circonspection », soulignant qu’elle « suscite avant tout une réaction immanente à son bien-fondé et à sa légalité ».

Libertés publiques et ordre public

Le PDG rappelle que « les libertés publiques sont consacrées par l’article 14 de la Constitution du 19 décembre 2024 », notamment celles d’informer et de communiquer. Ces libertés, précise-t-il, « revêtent un caractère fondamental et s’imposent de ce fait aux pouvoirs publics ».

Toutefois, le parti reconnaît qu’il est « loisible à une autorité administrative investie d’un pouvoir de police administrative de restreindre ces libertés lorsque des menaces à l’ordre public (…) sont constatées ». Il admet que « l’usage malsain des réseaux sociaux » peut justifier un recadrage, en raison « des abus et dérapages récurrents et non contrôlés ».

Mais pour le PDG, le Gabon dispose déjà « d’un corpus juridique clairement établi permettant de sanctionner de façon proportionnée les délits de fausses informations (fake news) et les actes de diffamation sur les réseaux sociaux ».

Une suspension générale jugée préoccupante

Le parti exprime « toute sa perplexité à l’idée d’une suspension non seulement générale, mais surtout non circonscrite dans le temps ». La formule « jusqu’à nouvel ordre » suscite, selon lui, des inquiétudes quant aux conséquences sociales potentielles.

Le PDG redoute « la montée d’une grogne sociale, aux conséquences incalculables », rappelant que « la levée de bouclier de la jeune génération dans d’autres pays, pour des motifs similaires, a déjà donné lieu à des crises politiques incontrôlables ».

Vers une régulation continue et adaptée

Au-delà du débat sur la légitimité de la mesure, le parti insiste sur « la nécessité d’une régulation continue et équilibrée de l’écosystème numérique ». Il estime que la suspension actuelle « traduit aussi la faiblesse des dispositions prises à ce jour pour mieux réguler un secteur aussi dynamique ».

Parmi les pistes évoquées figure l’interdiction d’usage des réseaux sociaux à certaines catégories vulnérables, notamment « les enfants et les adolescents », à l’image de mesures adoptées en Australie ou en France.

Le PDG rappelle enfin que le Gabon promeut la digitalisation de l’administration et dispose d’un ministère en charge de l’Économie numérique. À ce titre, il souligne l’existence « d’un secteur d’activités économiques et professionnelles adossé à l’usage des outils numériques et des plateformes en ligne ».

En conclusion, le parti invite citoyens et pouvoirs publics à œuvrer pour un usage responsable des réseaux sociaux, dans le respect des valeurs qu’il met en avant : « Dialogue, Tolérance et Paix ». Une position qui se veut à la fois ferme sur la nécessité d’encadrer les dérives et prudente quant aux effets d’une restriction généralisée.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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