Suspension des réseaux sociaux : le gouvernement affiche sa solidarité avec la HAC
Dans une déclaration télévisée, le ministre de la Communication et des Médias, Germain Biahodjow, a exprimé la solidarité du gouvernement avec la décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) de suspendre les réseaux sociaux. Une mesure qualifiée de « conservatoire », que l’exécutif dit justifiée par la préservation de l’ordre public. Reste une interrogation majeure : quelles mesures d’accompagnement pour les médias en ligne et les acteurs du numérique ?
À la suite de la décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC), le ministre Germain Biahodjow a déclaré que « le Gouvernement exprime sa solidarité avec la Haute Autorité de la Communication dans cette démarche de préservation de l’ordre public, du vivre ensemble, de paix et de préservation de l’amour entre les Gabonais ».
Selon lui, cette solidarité « traduit la responsabilité partagée des Institutions de la République, confrontées aux défis croissants de l’usage abusif et dévoyé des réseaux sociaux ». Il a précisé que la mesure est « strictement conservatoire » et « n’entraîne pas l’interruption de l’accès à l’internet ».
Une décision jugée conforme aux prérogatives de la HAC
Le ministre a rappelé que « c’est donc conformément à ses prérogatives que la HAC a pris cette décision, pour faire face à la prolifération de contenus inappropriés alimentant la désinformation, le cyberharcèlement et, plus largement, les dérives portant atteinte à la stabilité des institutions et à l’ordre public ».
Pour le membre du gouvernement, « cette mesure exceptionnelle n’est point une remise en cause de la liberté d’expression dans notre pays ». Il a réaffirmé l’attachement de l’exécutif « au respect des libertés fondamentales et à l’État de droit », tout en annonçant une réforme « en profondeur visant à réorganiser et à sécuriser l’écosystème national de communication numérique ».
Quel accompagnement pour les médias en ligne ?
Si le gouvernement se dit conscient de l’impact économique de la mesure et affirme « s’employer à y remédier dans les meilleurs délais », aucune précision n’a été apportée quant aux dispositifs d’accompagnement.
La question est pourtant centrale. Les médias en ligne, qui assurent quotidiennement une mission de service public de l’information, dépendent fortement des réseaux sociaux pour la diffusion de leurs contenus, la monétisation de leur audience et la visibilité de leurs productions. Ils participent également à l’employabilité de nombreux jeunes journalistes, community managers, vidéastes et techniciens du numérique.
Dans un écosystème médiatique en pleine mutation, la suspension des plateformes sociales affecte directement les modèles économiques fondés sur la publicité digitale et la distribution algorithmique des contenus.
L’exécutif appelle les citoyens et les acteurs médiatiques « à la responsabilité et à la vigilance ». Mais au-delà de l’appel à la prudence, l’attente porte désormais sur des mesures concrètes : mécanismes de soutien temporaire, dialogue structuré avec les médias numériques, clarification du calendrier et des modalités de révision de la décision.
Car si la préservation de l’ordre public est invoquée, la continuité de l’information et la viabilité de l’écosystème numérique constituent, elles aussi, des enjeux stratégiques pour la stabilité et la modernisation du pays.








GMT TV
[youtube-feed feed=2]