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Suspension des réseaux sociaux : Flaviene Adiahenot dénonce « un acte d’une gravité exceptionnelle »

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Au lendemain de la décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) de suspendre les réseaux sociaux sur le territoire national, Flaviene Adiahenot, ancienne députée de la Transition (2023-2025), est montée au créneau. Dans une déclaration ferme, elle estime que cette mesure porte atteinte aux libertés fondamentales et appelle à un encadrement strict, proportionné et temporaire de toute restriction numérique.

La suspension immédiate des réseaux sociaux continue de susciter des réactions dans la classe politique et au sein de la société civile. Pour Flaviene Adiahenot, ancienne parlementaire de la Transition, la décision ne saurait être banalisée.

« La suspension immédiate des réseaux sociaux est un acte d’une gravité exceptionnelle. Elle ne constitue pas une simple interruption technique ; elle affecte directement la liberté d’expression, l’accès à l’information, la continuité des activités économiques et le lien social qui unit les citoyens », affirme-t-elle.

Une restriction jugée disproportionnée

Dans sa réaction, l’ancienne députée rappelle que « dans une Nation attachée aux principes de droit, toute restriction des libertés fondamentales doit demeurer exceptionnelle, nécessaire et proportionnée ».

Pour elle, le recours à une coupure généralisée soulève une question de principe : celle de l’équilibre entre maintien de l’ordre public et respect des droits constitutionnels.« Le silence imposé ne peut être érigé en réponse durable aux tensions d’une société. Car une démocratie ne se protège pas en réduisant la voix de ses citoyens, mais en renforçant la confiance, la transparence et le dialogue », soutient-elle.

Au-delà du débat juridique, Flaviene Adiahenot met en avant les conséquences concrètes de la mesure : interruption des échanges familiaux, perturbation des activités professionnelles, fragilisation des médias en ligne et des petites entreprises dépendantes des plateformes numériques.

Liberté et stabilité, un équilibre à préserver

L’ancienne députée insiste sur le risque paradoxal d’une telle décision. « Couper les réseaux sociaux, c’est interrompre des échanges devenus essentiels. C’est fragiliser l’information, nourrir l’inquiétude et ouvrir la voie aux rumeurs que l’on prétend précisément combattre », avertit-elle.

Selon elle, la protection de l’ordre public ne saurait justifier « sans cadre clair et durée strictement limitée, une atteinte généralisée aux libertés publiques ».

Dans un ton solennel, Flaviene Adiahenot conclut : « Une Nation forte est une Nation qui fait confiance à ses citoyens. Une République solide est celle qui privilégie la lumière au silence, le dialogue à la coupure. Parce que la voix citoyenne n’est pas une menace, mais une richesse. Parce que la liberté n’est pas une option, mais un principe. »

Cette prise de position relance le débat sur la régulation de l’espace numérique au Gabon. Entre impératif sécuritaire invoqué par les autorités et exigence démocratique rappelée par certains acteurs politiques, la question de l’encadrement des libertés numériques s’impose désormais comme un enjeu central de la gouvernance publique.

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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