Suspension des réseaux sociaux : Didier Simba alerte sur les risques cyber et l’impact économique
Alors que la décision de la Haute Autorité de la Communication (HAC) de suspendre les réseaux sociaux continue de susciter un vif débat, Didier Simba met en garde contre ses conséquences collatérales. Au-delà de la controverse institutionnelle, il évoque un double risque : un choc économique pour l’écosystème numérique et une recrudescence prévisible des cyberattaques.
La suspension des réseaux sociaux ne se limite pas à une question de régulation de contenus. Pour Didier Simba, elle soulève des enjeux économiques majeurs. Le Produit intérieur brut (PIB) du Gabon est estimé à environ 13 000 milliards de FCFA en 2025. L’économie numérique en représenterait près de 3 %, soit environ 360 milliards de FCFA.
Un impact économique loin d’être marginal
Même si la part directement liée aux réseaux sociaux reste à affiner, leur centralité dans les usages ne fait guère de doute. Environ 40 % de la population gabonaise serait présente sur ces plateformes, dont près de 90 % sur Facebook. Pour de nombreux commerçants, PME, créateurs de contenus, médias et prestataires de services, ces outils constituent des canaux essentiels de communication, de marketing et parfois de vente directe.
Un volume estimé à 360 milliards de FCFA est loin d’être négligeable. Didier Simba rappelle que certaines grandes entreprises au Gabon n’atteignent même pas 100 milliards de FCFA de chiffre d’affaires annuel. Une interruption brutale des réseaux sociaux peut donc affecter directement la visibilité des entreprises, les flux de revenus et l’activité commerciale, notamment pour les acteurs les plus dépendants du numérique. Dans un contexte de diversification économique, la fragilisation de l’écosystème digital pourrait peser sur la dynamique entrepreneuriale et l’emploi informel, largement structuré autour des plateformes sociales.
VPN, malwares et phishing : le risque d’un effet boomerang
Sur le plan de la cybersécurité, Didier Simba alerte sur un effet de bord prévisible : la ruée vers les outils de contournement, notamment les VPN gratuits. Historiquement, ce type de situation entraîne une augmentation des risques numériques.
Téléchargement d’applications malveillantes, exposition accrue au phishing et aux malwares, vols de données personnelles et professionnelles, fraudes liées aux paiements en ligne : autant de menaces susceptibles de se multiplier dans un contexte de restriction d’accès. Autrement dit, une mesure visant à réguler l’espace numérique pourrait, à court terme, accroître le niveau de menace cyber pour les citoyens, les entreprises et même les administrations, en particulier chez les utilisateurs peu sensibilisés aux risques.
Pour une approche intégrée de la souveraineté numérique
Didier Simba recommande que toute décision de cette nature s’accompagne d’une communication claire sur les dangers liés aux outils de contournement, de campagnes de sensibilisation en cybersécurité et d’un renforcement de la stratégie nationale en matière de protection numérique.
La question dépasse le seul débat sur la régulation. Elle renvoie à une exigence de cohérence : chaque mesure touchant aux usages numériques de masse doit intégrer ses impacts économiques et sécuritaires. Faute de quoi, elle pourrait fragiliser davantage un écosystème numérique encore en consolidation. Entre souveraineté numérique et sécurité des usagers, l’équation impose désormais une approche globale et anticipatrice.








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