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Souveraineté alimentaire : le Gabon s’inspire du modèle avicole sénégalais 

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Dans sa quête de résilience alimentaire, le Gabon tourne ses regards vers l’Afrique de l’Ouest. Une importante délégation conduite par le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural, Pacôme Kossy, a achevé une mission d’immersion stratégique au Sénégal, véritable poids lourd de la filière avicole continentale.

Accueillie par le Dr Mabouba Diagne, ministre sénégalais de la Souveraineté alimentaire, la délégation gabonaise a exploré l’écosystème agro-industriel de Diamniadio à Bayakh. L’objectif est clair : s’imprégner d’un modèle qui produit aujourd’hui près de 70 millions de poulets de chair et plus d’un milliard d’œufs par an.

Le parcours de la délégation a permis de visiter des maillons essentiels de la chaîne de valeur notamment le couvoir Amar à Bayakh pour maîtriser la production de poussins d’un jour; la ferme Gade Gui à Ndiéguène, un modèle d’intégration combinant élevage avicole, embouche bovine et production laitière et NMA Sanders à Pikine, une unité industrielle illustrant l’importance de la fabrication locale d’aliments pour volaille.

Cap sur l’autosuffisance en 2027

Cette mission n’est pas une simple visite de courtoisie. Le Gabon affiche une ambition de rupture : atteindre l’autosuffisance totale en viande de poulet d’ici 2027. À cette échéance, les autorités gabonaises envisagent l’interdiction des importations, un pari audacieux qui nécessite la mise en place immédiate d’une filière locale performante.

Le Sénégal, fort de son expérience portée par des pionniers comme le groupe SEDIMA ou NMA Sanders, s’est dit prêt à accompagner Libreville dans la structuration de ses unités intégrées. « Le Sénégal ambitionne d’accompagner le Gabon dans la structuration de sa propre filière », a réaffirmé le Dr Mabouba Diagne, saluant la montée en puissance d’une ingénierie vétérinaire 100 % africaine.

Des défis communs à relever

Malgré les succès sénégalais, les échanges ont également porté sur les obstacles persistants : la biosécurité, la lutte contre la fraude et l’indépendance en œufs à couver. Pour le Gabon, l’enjeu sera d’adapter ces enseignements pour créer un tissu de professionnels capables de sécuriser l’assiette des citoyens tout en dynamisant l’économie rurale.

Cette coopération pragmatique marque une étape décisive dans la stratégie de transformation agricole du gouvernement.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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