Samu social gabonais : Dr Yaba dénonce les absences, défend la gratuité et annonce un réaménagement en 2026
Face aux polémiques persistantes autour du Samu social gabonais, son coordonnateur général, Wenceslas Yaba, est sorti du silence. Dans une mise au point ferme et documentée, il clarifie le statut des agents, justifie le recours aux vacations, dénonce l’absentéisme massif de certains volontaires et réaffirme la vocation fondamentale du Samu social : soigner gratuitement les plus démunis. Un message sans détour, adressé autant aux détracteurs qu’aux consciences.
Un dispositif né d’une urgence humaine, pas d’un confort administratif. Créé pour répondre à une détresse sociale et sanitaire criante, le Samu social gabonais s’est développé dans un contexte institutionnel imparfait. Wenceslas Yaba rappelle une réalité souvent passée sous silence : juridiquement, le Samu social est une structure de l’État, et à ce titre, seuls des fonctionnaires peuvent y être affectés. Or, à ses débuts, aucun fonctionnaire n’avait été officiellement affecté à cette entité.
« En attendant que l’État gabonais procède aux affectations, nous n’allions pas laisser nos compatriotes mourir dans la rue », martèle le coordonnateur général. C’est dans cet esprit que, de concert avec l’ancien Premier ministre Paul Biyoghé Mba, le choix a été fait de recourir à des vacations sur bons de caisse, afin de mobiliser des volontaires qualifiés.
Des agents majoritairement fonctionnaires… déjà rémunérés par l’État
Contrairement à certaines accusations, la majorité des personnes intervenant au Samu social sont déjà des agents publics, médecins, infirmiers, techniciens de santé, qui perçoivent un salaire de l’État et apportent, en plus, leur expertise au profit des plus vulnérables.
« Ce sont des revenus supplémentaires, pas des privilèges indus », insiste Wenceslas Yaba, saluant l’engagement de ces professionnels qui soignent gratuitement, parfois au péril de leur propre sécurité. En 2025, l’État gabonais est allé plus loin encore, en payant douze mois de vacations à l’avance, concédant même une tolérance exceptionnelle sur certaines absences en décembre.
328 absents sur 505 volontaires : la ligne rouge franchie
Mais la situation n’est pas tenable indéfiniment. Le coordonnateur général révèle un chiffre lourd de sens : sur 505 volontaires recensés, 328 ne se présentent pas effectivement à leur poste, notamment à l’intérieur du pays. Pire encore, certains n’habitent même pas les villes où ils sont officiellement affectés.
Face à ce constat, une décision s’impose. « Nous allons réaménager les ressources humaines en 2026 et donner leur chance à d’autres Gabonais, nombreux à être au chômage », annonce-t-il, assumant un choix de responsabilité plutôt que de complaisance.
Gratuité des soins : un impératif social, pas une option idéologique
Au cœur du débat, la gratuité des soins reste non négociable. S’appuyant sur les données de la Banque mondiale, Wenceslas Yaba rappelle que 34,5 % des Gabonais, soit environ 815 000 personnes, vivent avec moins de 500 FCFA par jour.
« Ces compatriotes n’auront jamais les moyens de payer des soins dans des cliniques privées », tranche-t-il. C’est précisément pour cette raison que le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a décidé d’étendre le dispositif, avec la création de onze nouveaux Samu sociaux en moins de deux ans, conscient que l’hôpital classique, contraint par des impératifs de facturation, ne peut absorber seul cette misère sanitaire.
Médicaments, textes et accusations : répondre point par point
Sur la question des médicaments, le coordonnateur est catégorique : ceux distribués en province sont achetés par l’État auprès de Pharmagabon depuis quatre ans, et tout autre produit entrant sur le territoire est soumis à l’autorisation stricte de la Direction du médicament du ministère de la Santé. « Alors, on parle de quoi exactement ? », interroge-t-il, dénonçant les amalgames et la désinformation.
Quant aux textes régissant le Samu social, ils existent bel et bien. Un décret est en vigueur, et comme pour de nombreuses structures publiques, il doit être adapté aux réalités actuelles, non instrumentalisé pour remettre en cause la mission médicale du dispositif.
Une fierté nationale assumée, une visibilité revendiquée
« Le Samu social est l’une des plus grandes fiertés sanitaires et sociales construites par des Africains pour des Africains », affirme Wenceslas Yaba. Une réussite qui dérange, précisément parce qu’elle est visible. Mais cette visibilité est assumée, car elle permet de rendre compte, de rassurer les populations et de soutenir un État qui investit, parfois au prix d’attaques injustes.
En conclusion, le coordonnateur général reconnaît que la paix ne sera sans doute jamais totale face aux critiques. Mais il revendique la sérénité de celui qui agit. « La 5ᵉ République ne sera pas celle de la haine envers les innocents », insiste-t-il, appelant les Gabonais à se parler, à se soutenir et à juger sur les résultats.
Un appel à l’unité et à la responsabilité collective
Le message est clair : le Samu social ne sera ni sacrifié ni affaibli. Il sera consolidé, réorganisé si nécessaire, mais toujours au service de ceux qui n’ont rien. Et pour ceux qui doutent encore, un rappel simple demeure : le 1488 reste un numéro gratuit, ouvert à tous.









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