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Ricky ou l’art de scruter la société en rap !

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Dans les ruelles de Libreville où le bitume chante encore les échos de PCZ, Ricky surgit comme un griot moderne, fils de légende, professeur d’Histoire-Géo qui troque la craie pour le micro. Trois albums studio, et pourtant il n’a jamais couru après les projecteurs. Car au Gabon, la musique paie en rêves, pas en francs CFA. 

Alors Ricky a choisi la stabilité, l’emploi stable, les copies corrigées… et, entre deux cours, des bombes lâchées sur YouTube. « Une saison à Libreville », « La vie est ce qu’elle est », « La discipline ». Des titres, du rappeur inspiré de Warren G,qui claquent comme des gifles douces. L’oxymore est de mise pour un maître de cérémonie atypique. Son flow est un fleuve tranquille qui charrie des mots savants. Son accent danse entre Libreville, Paris et Atlanta. 

Ricky, le griot des maux sociaux !

Du storytelling pur, du rap qui raconte, qui dissèque, qui met à nu, voilà comment résumer le style Ricky. Un jour, il rend hommage aux Siya Po’ossi X avec un documentaire qui fait pleurer les vieux de la scène. Puis le lendemain, Ricky filme avec son frère E.Z. Olivier des clips qui ressemblent à des films d’auteur. Ricky Media devient son QG, sa tribune, son cri.Et voilà qu’en cette fin 2025, début 2026, il balance six vidéos comme on lâche six uppercuts. 

« Ma maîtresse » où il scénarise la double vie du fonctionnaire avec l’épouse légitime et l’autre, celle qui fait bouillir la marmite. « Je n’ai pas deux millions », ici Ricky exprime la rage de celui qui n’a rien, mais qui voit tout. « Mourir pour un candidat » dénonce ces jeunes qui courent aux meetings, qui se font gazer, matraquer, pendant que les enfants des puissants jouent au foot à l’étranger. « La vie de Gabon », « Je n’ai pas de carte d’identité », et surtout le chef-d’œuvre satirique : « Tout le monde dans l’armée ». 

Un titre qui ricane jaune puisque la fonction publique ferme ses portes, envoyez-les tous en treillis, transformez les futurs ingénieurs en sentinelles. Le salaire avant l’idéal. Le cynisme d’État mis en rimes. Ricky ne rappe pas. Il autopsie et révèle. Il ne chante pas le Gabon, mais le secoue jusqu’à ce qu’il crache sa vérité. Dans un pays où le rap a souvent préféré la posture au propos, lui reste droit, lucide, impitoyable. Trois albums, Ricky n’est pas de retour.  Il n’était jamais vraiment parti.  

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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