Derniers articlesSOCIETE

RGPL 2026 : absence de contrat, non paiement des émoluments, insécurité, le calvaire des agents recenseurs

Ecouter l'article

Annoncé comme une opération stratégique pour l’avenir du pays, le Recensement Général de la Population (RGPL) vire à la crise sociale. Entre promesses financières non tenues et logistique défaillante, les agents recenseurs dénoncent une précarité qui menace la crédibilité même des données collectées.

Au lancement de l’opération, les clauses semblaient pourtant attractives : une avance de 150 000 FCFA complétée par un solde de 200 000 FCFA en fin de mission. Pourtant, le terrain a rapidement douché ces espoirs. Alors que le slogan interne « le 13, c’est le 13 » laissait présager un paiement imminent, les dates butoirs se sont succédé sans versement concret.

Malgré la signature d’un avenant prolongeant la mission et incluant une indemnité de transport de 30 000 FCFA, le silence des autorités persiste. « L’État paie toujours ses dettes, nous dit-on, mais nous nous sentons abandonnés », déplore un agent. À ce jour, l’assurance maladie initialement prévue brille également par son absence.

Un quotidien entre marche forcée et faim

Sur le plan logistique, le tableau est tout aussi sombre. L’application de collecte, cœur technologique du dispositif, subit des pannes récurrentes, rendant le travail instable. Faute de moyens de transport, de nombreux recenseurs parcourent des kilomètres à pied pour atteindre les zones reculées.

Plus grave encore, la précarité atteint un seuil critique : certains agents affirment ne plus pouvoir s’offrir un repas ou de l’eau durant leurs vacations, dépendant parfois de la solidarité de leurs chefs d’équipe pour avancer les frais de déplacement.

Une tension croissante face aux populations

En première ligne, les agents subissent de plein fouet l’exaspération des citoyens. Peu sensibilisées et parfois méfiantes, certaines populations prennent à partie ces travailleurs qu’elles jugent responsables des lenteurs du processus.

Cette pression sociale, doublée de l’exigence de résultats affichée par la Présidence de la République, place les recenseurs dans une impasse. Comment garantir la fiabilité des statistiques nationales quand ceux qui les collectent travaillent dans de telles conditions d’épuisement et de frustration ?

Aujourd’hui, le malaise est profond. Les agents estiment porter seuls le poids des dysfonctionnements organisationnels de l’État. Pour sauver cette opération essentielle à la planification nationale, une régularisation financière immédiate et une communication transparente des autorités semblent désormais indispensables.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

GMT TV

Bouton retour en haut de la page