Régulation des médias : l’Afrique centrale veut relancer la PRAC face aux défis du numérique
Réunis en visioconférence ce 12 février 2026, les régulateurs de l’audiovisuel et de la communication d’Afrique centrale ont acté la relance des activités de la Plateforme des Régulateurs de l’Audiovisuel et de la Communication (PRAC). Objectif affiché : redonner du souffle à un outil sous-régional resté atone depuis sa création en 2021 et affronter, collectivement, les défis posés par les contenus numériques et les désordres informationnels.
Une plateforme en sommeil depuis 2021. C’est à l’initiative de Plateforme des Régulateurs de l’Audiovisuel et de la Communication (PRAC), créée en décembre 2021 à Kribi au Cameroun, que les échanges ont été relancés. Présidée par Joseph Chebongkeng Kalabubsu, également président du Conseil National de la Communication du Cameroun (CNC), la rencontre virtuelle a réuni les responsables des instances de régulation du Tchad, de la République centrafricaine, du Burundi, de la République démocratique du Congo et du Gabon.
Dès l’ouverture des travaux, le président en exercice de la PRAC a regretté l’atonie de la plateforme depuis sa mise en place, alors qu’elle avait suscité de « grands espoirs » comme instrument de concertation régionale sur les mutations du paysage médiatique.
Le numérique au cœur des préoccupations
Au centre des discussions : la montée en puissance des contenus numériques et la circulation de contenus nuisibles sur les plateformes globales. Les membres de la PRAC ont reconnu que la régulation des médias au XXIᵉ siècle ne peut plus se limiter aux frontières nationales. Face aux désordres informationnels, ils envisagent désormais un mécanisme de régulation sous-régionale, à travers l’adoption d’une réglementation communautaire. Une orientation qui traduit la volonté d’harmoniser les cadres juridiques et de renforcer la coopération technique entre États.
Le président de la Haute Autorité de la Communication du Gabon (HAC), G. Ngoyo Moussavou, a salué cette reprise d’activités, estimant qu’elle permettrait de repositionner l’Afrique centrale dans les grands espaces de réflexion continentaux et francophones, notamment le Réseau des Instances Africaines de Régulation de la Communication (RIARC) et le Réseau Francophone des Régulateurs des médias (REFRAM).
Vers un rythme de travail plus soutenu
Parmi les décisions actées figure la tenue de deux réunions annuelles, dont une par semestre. La première de ce nouveau cycle est prévue en juin prochain à Yaoundé. Au-delà des déclarations d’intention, la relance de la PRAC constitue un test pour la capacité des régulateurs d’Afrique centrale à parler d’une seule voix sur des enjeux aussi sensibles que la protection de l’enfance, la lutte contre la désinformation ou encore la promotion de la paix par les médias.
Dans un environnement informationnel dominé par des plateformes globales échappant largement aux juridictions nationales, l’efficacité d’une régulation isolée montre ses limites. La coordination sous-régionale apparaît désormais comme une nécessité stratégique. Reste à transformer cette volonté politique en mécanismes opérationnels. Car dans le domaine de la régulation numérique, l’enjeu n’est plus seulement juridique : il est aussi technologique, économique et géopolitique.









GMT TV
[youtube-feed feed=2]