Réduction des coûts de l’itinérance en Afrique : un défi pour la régulation des télécommunications
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La question de l’itinérance mobile régionale et de son coût prohibitif pour les utilisateurs africains a occupé une place centrale dans les débats lors de l’atelier de l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) qui s’est tenu à Libreville du 17 au 21 février. Célestin Kadjidja, président du Conseil de régulation de l’ARCEP Gabon, a plaidé pour une harmonisation des tarifs afin de favoriser l’intégration numérique et économique sur le continent.
L’itinérance mobile, qui permet aux abonnés d’utiliser leur téléphone à l’étranger sans changer de carte SIM, demeure un service hors de prix dans plusieurs pays africains. Contrairement à d’autres régions du monde, où des mesures de régulation ont permis d’abolir ces frais supplémentaires, les tarifs d’itinérance en Afrique restent souvent inaccessibles pour les usagers.« L’itinérance mobile entre les pays africains présente encore des coûts très élevés. Il est impératif que nous trouvions une solution globale pour y remédier, à l’image de l’Europe où ces frais sont désormais nuls », a déclaré Célestin Kadjidja lors de la clôture de l’atelier.
Aujourd’hui, les abonnés qui se déplacent d’un pays africain à un autre voient leurs factures exploser, freinant ainsi la fluidité des échanges économiques et sociaux. Pour les entreprises, les administrations et même les particuliers, ce coût représente un frein au développement de l’économie numérique et à l’accessibilité des services de télécommunications sur le continent.
Des modèles inspirants et des solutions à envisager
L’Union Européenne a réussi à supprimer les frais d’itinérance en instaurant une politique tarifaire harmonisée, permettant aux citoyens de passer des appels et d’utiliser Internet mobile dans n’importe quel pays membre sans surcoût.L’Afrique peut s’inspirer de ce modèle en mettant en place une réglementation commune, favorisant une baisse progressive des tarifs et, à terme, leur suppression.
Des initiatives existent déjà au sein de certaines organisations sous-régionales, mais elles restent fragmentées et limitées.« Des expériences isolées existent entre certains pays africains, mais nous devons aller plus loin pour proposer un cadre harmonisé et applicable à l’ensemble du continent », a souligné Célestin Kadjidja.
Une coopération nécessaire entre États et opérateurs
L’un des enjeux majeurs de cette réforme reste la coopération entre les gouvernements, les autorités de régulation et les opérateurs de télécommunications. Pour mettre en œuvre une politique commune, il est essentiel d’adopter des mesures incitatives pour les opérateurs tout en garantissant une accessibilité équitable aux consommateurs.
« La régulation doit accompagner cette transition en trouvant un équilibre entre les intérêts des consommateurs et ceux des fournisseurs de services », a précisé le président du Conseil de régulation de l’ARCEP Gabon. En renforçant la concertation entre les États africains et les instances de régulation, il est possible d’aboutir à une réduction progressive des coûts, avec pour objectif final la suppression complète des frais d’itinérance en Afrique.
Un engagement à porter au niveau international
À l’issue de l’atelier de Libreville, les participants ont convenu que la réduction des coûts de l’itinérance mobile devait être une priorité pour les prochaines années. Cette recommandation sera portée lors de la prochaine Assemblée mondiale de normalisation des télécommunications, où l’Afrique entend défendre un modèle tarifaire plus juste et plus accessible pour ses citoyens.
En conclusion, Célestin Kadjidja a réaffirmé l’engagement de l’ARCEP Gabon à travailler avec les autres régulateurs africains pour mettre en place un cadre harmonisé et équitable, permettant aux citoyens de bénéficier d’une connectivité fluide, abordable et adaptée aux enjeux du développement numérique.
GMT TV