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« Quand l’opportunisme drape le juriste » : Onanga Y’Obegue contre-attaque Nkoghe Békalé

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La bataille pour le contrôle et la légitimité du Parti démocratique gabonais (PDG) se poursuit par tribunes interposées. Après la prise de position de l’ancien Premier ministre Julien Nkoghe Békalé, Ali Akbar Onanga Y’Obegue réagit dans un texte au ton offensif, dans lequel il conteste les arguments juridiques et politiques avancés par l’ancien chef du gouvernement et réaffirme la légitimité d’Ali Bongo Ondimba à la tête du parti. Lecture.

« MA RÉPONSE AU CAMARADE JULIEN NKOGHE BÉKALÉ : QUAND L’OPPORTUNISME DRAPE LE JURISTE

La mise en demeure signifiée le 27 février 2026 au directoire autoproclamé du PDG, au nom et sur mandat exprès du Président Ali Bongo Ondimba, Président légal et légitime du Parti Démocratique Gabonais, a provoqué, comme prévu, une réaction en chaîne chez ceux qui savent que le droit les condamne. Parmi ces voix qui s’élèvent, l’une mérite une réponse circonstanciée, non par courtoisie, mais par devoir de vérité, celle de l’ancien Premier ministre, le camarade membre du Bureau Politique Julien Nkoghe Békalé.

Le fait que le camarade Julien Nkoghe Békalé soit un juriste, rend sa prise de position non seulement décevante, mais proprement accablante. Car là où un profane pourrait s’excuser de l’ignorance, un juriste n’a pour lui que la mauvaise foi ou la capitulation devant l’opportunisme politique.

I. DE « NOTRE ANCIEN CAMARADE » : UNE FORMULE QUI EN DIT LONG

Le camarade Julien Nkoghe Békalé m’appelle « notre ancien camarade ». Le mot est choisi. Il est même savamment choisi. Car en me reléguant dans le passé par cette formule, c’est au Distingué Camarade Président Ali Bongo Ondimba lui-même qu’il signifie sa rupture à travers moi.

Aussi, qu’il me soit permis de rappeler au camarade Julien Nkoghe Békalé, au cas où l’ivresse de ses nouvelles fréquentations lui aurait brouillé la mémoire, que je suis Secrétaire Général du Parti Démocratique Gabonais, régulièrement nommé le 14 mai 2025 par le Distingué Camarade Président Ali Bongo Ondimba, et ce en toute légalité statutaire. Le directoire usurpateur a d’ailleurs tenté de me contester cette qualité devant les tribunaux. Résultat ? Néant. Silence judiciaire total. La décision tant attendue n’est jamais venue, et aujourd’hui je demeure, sans contestation judiciaire valable, Secrétaire Général du PDG. Je ne suis donc « ancien camarade » que dans l’imaginaire commode de ceux qui cherchent à réécrire le droit à coups d’épithètes.

Je concède au camarade Julien Nkoghe Békalé une chose : dans le contexte politique actuel, où des opportunistes cherchent à se faire voir du régime en place en niant ostensiblement leurs liens passés avec le Distingué Camarade Président Ali Bongo Ondimba, l’usage du terme « ancien » se comprend. Il ne traduit pas une réalité juridique. Il traduit un repositionnement personnel que l’histoire jugera.

II. « NI AU BORD DE LA SEINE, NI AU BORD DE LA TAMISE » : L’ARGUMENT DE L’ABSENT

Le camarade Julien Nkoghe Békalé croit habile de railler la localisation géographique du Distingué Camarade Président Ali Bongo Ondimba, en déclarant que « le renouveau et la reconstruction du PDG ne se font ni au bord de la Seine ni au bord de la Tamise ». Que dire d’un tel argument, sinon qu’il révèle une profonde indigence intellectuelle dissimulée sous un lyrisme géographique ?

Le Distingué Camarade Président Ali Bongo Ondimba ne se trouve pas en Europe par goût de l’exil ou par désintérêt pour le Gabon. Il y est pour des soins de santé, après avoir été victime d’un coup d’État militaire le 30 août 2023. L’autorité du chef d’un parti politique ne se mesure pas au nombre de kilomètres qui le séparent de son siège. Elle se mesure à la légitimité que lui confèrent les textes. Et les textes, en l’espèce, sont formels : Ali Bongo Ondimba est et demeure le Président du PDG, élu au Congrès de juillet 2009, n’ayant jamais démissionné dans les formes prescrites par l’article 22 des statuts, et n’ayant jamais fait l’objet d’un constat d’empêchement définitif selon l’article 35.

C’est depuis cette position de légitimité incontestable qu’il m’a remis en mains propres la mise en demeure, signée de sa main, que j’ai diligentée par voie d’huissier. Le camarade Julien Nkoghe Békalé peut trouver cela inopportun, mais il ne peut pas le trouver illégal, sauf à piétiner les textes du parti qu’il prétend défendre.

III. « UN PARTI NATIONAL ET NON FAMILIAL » : LE SOPHISME DE MAUVAISE FOI

Voici le passage le plus grave de la déclaration du camarade Julien Nkoghe Békalé: « Le Parti Démocratique Gabonais est un parti national et non familial. Il appartient aux militants. »

Ce glissement sémantique, habile en apparence, est d’une malhonnêteté consommée. En utilisant l’adjectif « familial », le camarade Julien Nkoghe Békalé vise à instiller l’idée qu’Ali Bongo Ondimba revendiquerait le PDG comme héritage dynastique, au seul motif qu’il est le fils du Président Fondateur Omar Bongo Ondimba. Mais cette lecture est fausse, et le camarade Julien Nkoghe Békalé le sait parfaitement.

Ali Bongo Ondimba ne réclame pas la présidence du PDG au titre de la filiation. Il la détient au titre de l’élection, une élection régulière, tenue en congrès, conformément aux statuts. C’est ce que les textes consacrent. C’est ce que le camarade Julien Nkoghe Békalé, juriste de formation, refuse curieusement d’admettre, préférant alimenter une rhétorique populiste sur « le parti des militants » pour mieux disqualifier son président légitime. Que des non-juristes tiennent ce discours, passe encore. Qu’un juriste s’y emploie délibérément, c’est tout simplement scandaleux.

IV. LA « COMPLICITÉ PASSIVE » D’ALI BONGO : UN MENSONGE D’ÉTAT DOUBLÉ D’UNE INGRATITUDE ABJECTE

Voici le passage le plus inacceptable, le plus révoltant, le plus indigne de toute la déclaration du camarade Julien Nkoghe Békalé. Il ose affirmer que le directoire usurpateur du 7 mars 2024 aurait été « mis en place avec la complicité passive de M. Ali Bongo Ondimba, qui les a préalablement reçus dans sa résidence avant leur installation. »

Mais avant même d’entrer dans le fond, permettons-nous de relever un détail qui, en réalité, n’en est pas un : le camarade Julien Nkoghe Békalé parle de « Monsieur Ali Bongo Ondimba ». Monsieur. Comme on désigne un inconnu dans la rue. Comme on nomme un vulgaire quidam dont on n’aurait jamais croisé le chemin. Lui, l’ancien Premier ministre d’Ali Bongo Ondimba. Lui, celui qu’Ali Bongo Ondimba a nommé, élevé, installé aux plus hautes fonctions de l’État gabonais. Lui, qui doit à Ali Bongo Ondimba chaque page de sa carrière politique nationale.

Où est passé le « Distingué Camarade Président » ? Où est passée la déférence due à un ancien Président de la République, quel que soit le contexte ? Cette désinvolture calculée, ce « Monsieur » ostensiblement roturier, n’est pas un oubli. C’est un acte. Un acte de rupture délibérée, une tentative de banalisation d’un homme d’État pour mieux le déconsidérer aux yeux de l’opinion. C’est une bassesse. C’est de l’ingratitude à l’état pur, cette ingratitude que les Anciens appelaient le pire des vices parce qu’elle corrompt à la fois celui qui la pratique et le lien social qui unit les hommes. C’est la trahison du bienfaiteur par le bénéficiaire, la négation cynique de ce que l’on doit à celui qui vous a presque tout donné. Dans la tradition politique africaine comme dans toute culture politique digne de ce nom, on ne se retourne pas contre celui qui vous a fait. Cela s’appelle la forfaiture morale. Et c’est précisément ce que donne à voir, sous nos yeux, le camarade Julien Nkoghe Békalé.

Au demeurant, cette affirmation de « complicité passive » est un mensonge. Un mensonge délibéré. Et le camarade Julien Nkoghe Békalé, qui fut le Premier ministre de cet homme qu’il appelle aujourd’hui « Monsieur », le sait très bien. Mais en raison de sa mauvaise foi consommée, je vais lui rappeler les faits qu’il fait mine d’ignorer.

Lorsque, le 7 mars 2024, certains membres du parti ont rendu visite au Distingué Camarade Président Ali Bongo Ondimba en résidence surveillée, il leur a clairement signifié qu’il demeurait le Président du parti. Il leur a proposé un dispositif de continuité, un vice-président, le camarade Alain Claude BILIE BY NZE, un secrétaire général, le camarade Eloi NDZONDO, et leur a demandé de compléter cette architecture pour la lui soumettre avant toute installation, afin qu’il puisse valider lui-même les nouvelles dispositions. C’est la vérité. Ce sont les faits. Et le camarade Julien Nkoghe Békalé les connaît.

Ce qui s’est passé ensuite, c’est que ces camarades, une fois sortis de la résidence, ont trahi les instructions qui leur avaient été données. Au lieu de revenir avec une proposition à soumettre à la validation du Président, ils ont immédiatement usurpé ses fonctions, créé des postes qui n’existent pas dans les statuts, et proclamé une direction autoproclamée, en prétendant, avec une impudence confondante, avoir « destitué » le Distingué Camarade Président. Cette trahison-là, le camarade Julien Nkoghe Békalé la transforme aujourd’hui en « complicité passive ». C’est une insulte à l’intelligence et à la vérité. Et c’est, de la part d’un homme qui doit beaucoup dans sa carrière politique à Ali Bongo Ondimba, un acte d’une lâcheté morale que l’histoire du PDG retiendra.

V. LE JURISTE QUI TRAITE LE DROIT COMME DU PAPIER HYGIÉNIQUE

Le camarade Julien Nkoghe Békalé proclame que « le Directoire actuel du Parti est légal et légitime » parce qu’il serait « l’émanation de la volonté militante exprimée lors du Congrès du 30 janvier 2025. » Dans l’ensemble de sa déclaration, qui se veut un appel à l’unité, le camarade Julien Nkoghe Békalé ne cite pas un seul article des statuts. Pas une seule disposition réglementaire. Pas un seul fondement juridique.

Ce silence est éloquent. Car les textes sont formels et dévastateurs pour sa thèse :

  • Le directoire du 7 mars 2024 a été constitué en violation des articles 8, 31 et 32 des statuts révisés de 2022 : ses membres ne remplissaient aucune des deux conditions d’accession aux fonctions de direction — ni élection conforme au Code électoral interne, ni nomination par le Président du Parti.
  • Le congrès du 30 janvier 2025 est frappé de nullité absolue : il a été convoqué sans initiative du Président du Parti, sans proposition régulière du Secrétaire Général légitime, sans saisine valable du Bureau Politique, ni demande d’un tiers du Conseil National — en violation directe de l’article 89 des statuts.
  • Pire encore, les organisateurs de ce congrès ont recouru aux anciens statuts de 2008, expressément abrogés par l’article 155 des statuts révisés du 12 mars 2022. C’est une fraude caractérisée aux textes.

Le camarade Julien Nkoghe Békalé, qui est juriste, sait tout cela. Qu’il évite soigneusement d’y faire la moindre allusion dans sa déclaration en dit long. Quand un non-juriste ignore les textes, on peut s’en étonner. Quand un juriste les ignore délibérément pour servir une cause d’opportunité, c’est une faute professionnelle autant qu’une faute morale. Dura lex sed lex camarade.

VI. RAPPEL À LA MÉMOIRE : QUI EST JULIEN NKOGHE BÉKALÉ VIS-À-VIS D’ALI BONGO ONDIMBA ?

Il est un fait que le camarade Julien Nkoghe Békalé, dans sa déclaration, semble avoir oublié, ou feint d’avoir oublié. Permettons-nous de le lui rappeler.

C’est le Président Ali Bongo Ondimba qui a largement contribuer à faire du camarade Julien Nkoghe Békalé ce qu’il est politiquement : député, ministre à plusieurs reprises, et Premier ministre, nommé le 12 janvier 2019 dans les circonstances les plus délicates qui soient, au lendemain de l’AVC du Président Ali Bongo Ondimba. Cette nomination, dans ce contexte de fragilité extrême, était un acte de confiance politique majeur. C’est donc Ali Bongo Ondimba qui l’a hissé au sommet de l’exécutif gabonais.

La gestion de cette période a contribué à alimenter un climat de désordre institutionnel et de délitement politique au sein du pays et du PDG dont le camarade Julien Nkoghe Békalé ne saurait nier sa part de responsabilité, sinon active du moins passive, mot à la mode chez le camarade ; un délitement qui, combiné à d’autres facteurs, a précipité les conditions du coup d’État du 30 août 2023.

Ce constat est lourd. Et c’est ce même camarade Julien Nkoghe Békalé qui, aujourd’hui, depuis cette position de redevabilité envers Ali Bongo Ondimba, prend la plume pour le critiquer, lui, le Secrétaire Général nommé par lui, et par extension la légitimité même de celui qui l’a fait.

La reconnaissance n’est pas une vertu obligatoire en politique. Mais l’ingratitude agressive, elle, mérite d’être nommée.

VII. L’HOMMAGE MÉRITÉ AU CAMARADE YVES FERNAND MANFOUMBI : LA HAUTEUR CONTRE L’OPPORTUNISME

Je tiens à rendre ici un hommage sincère et appuyé à une voix qui, dans cette tempête, s’est distinguée par sa sagesse, sa hauteur et son intégrité, celle du Vice-Président de ce directoire du PDG, le camarade Yves Fernand Manfoumbi.

Le camarade Yves Fernand Manfoumbi n’est pas juriste. Et pourtant, c’est lui qui a eu l’intelligence, la rigueur et la maturité politique de rappeler ce que le camarade Julien Nkoghe Békalé, juriste de métier, a soigneusement évité de dire : qu’un parti politique repose sur des textes, des organes et des procédures, et que c’est dans ce cadre, et dans ce cadre seulement, que les différends doivent être résolus.

Là où le camarade Julien Nkoghe Békalé se complaît dans une rhétorique populiste et politicienne qui évite soigneusement les textes, le camarade Yves Fernand Manfoumbi a eu le courage d’appeler au retour aux règles. Là où l’un fait de l’agitation, l’autre fait de la politique. Là où l’un cherche à se placer, l’autre cherche à rassembler. Là où l’un insulte la mémoire de ce que le Président Ali Bongo Ondimba lui a accordé, l’autre rend hommage, dans un beau geste de dignité, « au Président Fondateur, le Grand Camarade Omar Bongo Ondimba et tous ses camarades qui ont créé le PDG à ses côtés ».

C’est cette posture, empreinte de respect des textes, de fraternité politique et de vision à long terme, qui honore le PDG. C’est cette posture qui mérite d’être saluée, encouragée et imitée. La déclaration du camarade Yves Fernand Manfoumbi est un modèle de ce que doit être la parole responsable d’un dirigeant de parti en temps de crise : sobre, ancrée dans les principes, tournée vers l’intérêt collectif.

Le contraste avec la prise de position opportuniste du camarade Julien. Nkoghe Békalé est saisissant et accablant pour ce dernier. D’un côté, un non-juriste qui convoque les textes et l’esprit des fondateurs. De l’autre, un juriste qui fait de la politique politicienne en évitant soigneusement tout fondement statutaire. La comparaison est cruelle, mais elle est méritée.

En définitive, camarade Julien Nkoghe Bekale sachez que c’est au Distingué Camarade Président Ali Bongo Ondimba que vous répondez et non pas au camarade Secrétaire General Ali Akbar Onanga Y’obegue.

Camarade Julien Nkoghe Békalé, tenez-vous le pour dit, et que tous ceux qui s’emploient à ridiculiser cette procédure le comprennent bien. En vous attaquant à moi, Ali Akbar Onanga Y’Obegué, Secrétaire Général régulièrement nommé, c’est au Distingué Camarade Président Ali Bongo Ondimba que vous vous attaquez. Car vous savez pertinemment que c’est lui qui m’a mandaté. C’est lui qui a signé la mise en demeure. C’est lui le Président du PDG légal, légitime à ce jour.

Très cher camarade julien Nkoghe Békalé, je voudrais terminer en vous disant ceci avec toute la netteté qui s’impose : la vie politique, c’est aussi la mémoire, la cohérence et la reconnaissance. Le Président Ali Bongo Ondimba vous a accordé les plus hautes responsabilités de l’État gabonais. Vous n’étiez pas obligé de le défendre aujourd’hui. Mais vous aviez au moins l’obligation de ne pas le traîner dans la boue avec des accusations de « complicité passive » qui sont des contrevérités documentées.

Ressaisissez-vous. Ce n’est pas l’appel d’un adversaire, c’est l’injonction du droit, de la vérité et de ce qui vous reste d’honneur politique.

Ali Akbar ONANGA Y’OBEGUE, Secrétaire Général du Parti Démocratique Gabonais
Nommé par le Président Ali Bongo Ondimba le 14 mai 2025

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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