Psychomotricien : le spécialiste encore méconnu du corps et des émotions
Dans le domaine de la santé, certains métiers bénéficient d’une grande visibilité, notamment les généralistes, pédiatres, gynécologues ou encore dentistes. Pourtant, d’autres professions tout aussi essentielles restent dans l’ombre, c’est le cas du psychomotricien qui intervient au croisement du corps et des émotions. En effet, dans le développement de l’enfant en particulier, il ne s’agit pas uniquement de soigner une maladie, mais aussi de favoriser le bien-être, la confiance en soi et l’harmonie corporelle.
Professionnel paramédical, le psychomotricien agit généralement sur prescription médicale et peut intervenir à différents niveaux notamment la prévention, le dépistage ou encore le soin. Il exerce en cabinet libéral ou au sein d’institutions spécialisées avec comme champ d’action le développement psychomoteur, c’est-à-dire le lien étroit entre les fonctions motrices, les émotions et les capacités cognitives. À travers des activités adaptées, ce spécialiste aide le patient à mieux comprendre et exprimer ses émotions par le corps.
Par exemple, face à une colère intense, il peut proposer des exercices dynamiques pour libérer les tensions. Et face à un patient atteint d’anxiété, des techniques de relaxation ou de bercement peuvent être mises en place, notamment chez les plus jeunes.
Un accompagnement global au service du développement
Le rôle du psychomotricien ne se limite pas à l’expression des émotions. En effet, il travaille également sur des aspects fondamentaux tels que la perception du corps, la coordination des mouvements, les repères dans l’espace et le temps, ainsi que la capacité de concentration. Il accompagne les patients dans la construction de leur confiance corporelle et dans le plaisir d’agir. Chez certains enfants, par exemple, le fait de danser ou de jouer avec le professionnel peut constituer une première étape avant d’entamer d’autres prises en charge, notamment en kinésithérapie.
De plus, le psychomotricien intervient aussi dans le développement de la communication, en particulier lorsque le langage verbal est encore absent ou limité, en s’appuyant sur l’imitation et les interactions corporelles. Il est important de préciser que contrairement à certaines idées reçues, la psychomotricité ne concerne pas uniquement les troubles neurodéveloppementaux. Elle s’adresse également à des enfants ou adultes présentant des difficultés relationnelles, une inhibition motrice ou sociale, ou encore des troubles du comportement.
Alors que le handicap reste mal compris, comme au Gabon, le rôle du psychomotricien apparaît d’autant plus crucial. Mieux faire connaître ce métier permettrait non seulement de favoriser une prise en charge précoce et adaptée, mais aussi de changer le regard porté sur les troubles du développement. Valoriser cette profession, c’est contribuer à l’épanouissement des individus et à une approche plus humaine de la santé.










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