Projet Grand Mayumba : l’ONG Croissance Saine Environnement dénonce une «escroquerie à ciel ouvert»
Le ton monte contre la société African Conservation Development Group (ACDG), anciennement connue sous le nom de SFM. Dans une note de position intitulée « Urgence d’agir » et suite à une audition devant la Commission de lutte contre la corruption, Nicaise Moulombi, président de l’ONG Croissance Saine Environnement a tenu à tirer la sonnette d’alarme sur ce qu’il qualifie de véritable « forfaiture ».
Au cœur du litige : l’octroi de baux emphytéotiques couvrant près de 731 000 hectares dans le sud du pays. Ce territoire colossal représente environ 62 % de la province de la Nyanga octroyé dans le cadre du projet Grand Mayumba. Selon Nicaise Moulombi, ce legs du « pouvoir déchu » s’apparente à une pieuvre aux multiples tentacules ayant bénéficié de complicités à haut niveau au sein de l’administration.
Seize ans de promesses non tenues
Il faut dire que le constat dressé par la société civile est sans appel : après 16 ans d’occupation avec des résultats « quasiment inexistants ». Au nombre des griefs faites à l’entreprise l’inexistence d’infrastructure opérationnelle malgré les engagements pris en 2010; aucune certification carbone internationale délivrée et des bénéfices pour l’État et les collectivités locales jugés insignifiants.
L’ONG accuse l’entreprise d’avoir procédé à une « mise en cloche » des forêts au profit de crédits carbone hypothétiques, délaissant l’industrialisation du bois et le développement portuaire attendu.
Une bataille judiciaire et éthique
Ainsi, une plainte a été déposée le 22 septembre 2025, pour blanchiment de capitaux, corruption, concussion et faute de gouvernance environnementale. Entendu récemment par la Commission de lutte contre l’enrichissement illicite, Nicaise Moulombi se réjouit de l’ouverture du dossier après des mois de stagnation.
« Nous exigeons que soient mis en lumière les défaillances sociales et sécuritaires, et que soient poursuivis tous les réseaux et pratiques non éthiques », a-t-il déclaré.
L’appel à la réappropriation nationale
Face à cet échec du modèle des concessions industrielles, l’ONG appelle le Gouvernement, le Parlement et le Sénat à prendre leurs responsabilités. L’objectif est clair : la résiliation ou la révision immédiate des baux pour rétablir la souveraineté foncière du Gabon et garantir un partage équitable des ressources, dans l’esprit de « libération » impulsé par le Président de la République Brice Clotaire Oligui Nguema









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