Présidentielle 2025 – Oligui Nguema : « Il est temps de bâtir un Gabon libre, productif et solidaire »

À quelques jours du scrutin du 12 avril 2025, le président de la transition et candidat à sa propre succession, Brice Clotaire Oligui Nguema, dresse un diagnostic sans concession des fragilités structurelles qui freinent le développement du Gabon. Dans un projet de société rendu public, le chef de l’État sortant identifie neuf chantiers majeurs qu’il s’engage à traiter en profondeur pour enclencher une transformation durable du pays.
De la dépendance aux hydrocarbures à la corruption endémique, en passant par une croissance faible et une pauvreté persistante, le tableau est sombre mais lucide. « Nous devons rompre avec le modèle extractif qui n’a fait qu’enrichir une minorité tout en appauvrissant le plus grand nombre », affirme Brice Oligui Nguema, plaidant pour une diversification économique appuyée sur l’agriculture, l’économie verte et l’industrie locale.
Une économie à rééquilibrer, un modèle social à refonder
Le premier défi identifié par le candidat du Rassemblement des bâtisseurs (RdB) est la dépendance à l’or noir, un modèle qui a engendré une économie fragile, vulnérable aux chocs extérieurs. « Les recettes pétrolières ont masqué nos retards structurels », souligne-t-il, évoquant la nécessité d’un basculement vers une économie à plusieurs piliers. En ligne de mire : la transformation locale des matières premières et l’essor des filières comme le bois, le numérique et l’agrotourisme.
La feuille de route aborde également la persistance des inégalités sociales, un système éducatif désynchronisé des réalités du marché de l’emploi, et un accès à la santé encore très inégal. « Aucun citoyen ne doit être abandonné à la marge du progrès », insiste le président-candidat, qui promet un maillage territorial plus équilibré en matière d’infrastructures de base et de services publics.
L’administration, la jeunesse et la souveraineté économique au cœur des réformes
Oligui Nguema s’engage à rompre avec le centralisme administratif en modernisant une fonction publique trop lourde, tout en stimulant l’entrepreneuriat privé. « Nous devons libérer l’initiative et créer un cadre propice à l’investissement local et étranger », explique-t-il, dénonçant au passage les freins bureaucratiques et fiscaux à l’éclosion d’un tissu entrepreneurial fort.
Mais l’enjeu le plus stratégique reste la lutte contre la corruption. Le président de la transition propose l’introduction d’outils numériques pour tracer l’utilisation des fonds publics, le renforcement des audits, et la promotion d’une gouvernance éthique. « Il est temps d’assainir la gestion publique et de restaurer la confiance des citoyens dans leurs institutions », conclut-il, promettant une rupture franche avec les pratiques passées.
Dans un pays marqué par des décennies de rente et de frustrations sociales, ce discours structuré apparaît comme une tentative de convaincre au-delà des clivages. Reste à savoir si les électeurs lui accorderont un mandat pour traduire ces intentions en actions concrètes.
GMT TV