Précarité menstruelle : les serviettes hygiéniques réutilisables, une solution pour certaines femmes
La précarité menstruelle touche des milliers de femmes et de filles au Gabon et dans le monde, réduisant leur accès à l’éducation, à l’emploi et à des conditions d’hygiène décentes. Face au coût récurrent des protections jetables et à l’absence parfois persistante de politiques publiques ciblées, des solutions alternatives émergent, parmi lesquelles les serviettes hygiéniques réutilisables.
Selon le Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), la précarité menstruelle désigne les difficultés de nombreuses femmes et filles à se payer des protections hygiéniques à cause de leurs faibles revenus. Elle comprend aussi le poids financier des antidouleurs, ou encore des sous-vêtements de rechange. Plus économiques sur le long terme et plus respectueuses de l’environnement, ces protections lavables se présentent comme une alternative qui pourrait sauver et aider des millions de femmes. Leur adoption reste cependant freinée par des obstacles concrets et culturels.
Serviettes réutilisables ses atouts et limites
Ces serviettes présentent des avantages évidents. L’investissement initial modéré, la durabilité et la réduction des déchets plastiques. Pour une femme, le calcul est simple, une série de serviettes lavables peut couvrir jusqu’à deux années d’utilisation, alors que les protections jetables représentent une dépense mensuelle continue. Elles offrent aussi confort et capacité à restituer dignité et autonomie.Mais des limites importantes subsistent. Le lavage exige de l’eau propre, des savons adaptés et un espace privé pour sécher les tissus à l’abri du regard; des conditions qui font défaut dans de nombreux foyers.
Sur le plan social, la stigmatisation reste un frein. Les tabous, manque d’information et résistances culturelles ralentissent la diffusion. Pourtant des pays comme le Rwanda et l’Ecosse ont mis en place des campagnes de sensibilisation et distribution de protections menstruelles et même la réduction de taxes pour faciliter l’accès aux femmes. D’autres pays pourraient s’en inspirer afin de réduire l’impact de ce problème silencieux. Pour être réellement efficace, cette solution doit s’inscrire dans une approche globale, subventions ciblées, accès à l’eau et à l’assainissement, formation et distribution organisée. Sans ces leviers, les bénéfices resteront partiels malgré leur potentiel réel pour améliorer la situation des femmes les plus vulnérables.








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