Port-Gentil : les habitants réclament des comptes sur les 7 milliards alloués à l’Ogooué-Maritime
À Port-Gentil, plus de 500 personnes ont pris part le 4 mars 2026 au compte rendu parlementaire du député Richard Albert Royémbo, élu du 3ᵉ siège du 4ᵉ arrondissement de la capitale économique gabonaise. Entre interrogations sur l’utilisation des 7 milliards de FCFA annoncés pour la province durant la transition et inquiétudes autour de la future Taxe forfaitaire d’habitation, les échanges ont surtout révélé de fortes attentes sociales.
Organisé dans la salle des fêtes de la Foire municipale Pierre-Louis Agondjo Okawé, dans le littoral sud de Port-Gentil, ce compte rendu parlementaire a rassemblé un large public composé d’élus locaux, de notables, de chefs de quartiers et de citoyens venus s’informer sur les travaux menés à l’Assemblée nationale. Rapidement, les discussions ont dépassé le cadre strictement institutionnel pour se concentrer sur les préoccupations quotidiennes des populations.
Les 7 milliards de la transition au cœur des interrogations
Routes dégradées, accès aux soins, difficultés du système éducatif et chômage ont été largement évoqués lors de cette rencontre citoyenne. Autant de problématiques qui, selon les participants, nécessitent des réponses concrètes de la part des autorités publiques. Parmi les sujets les plus débattus figure l’utilisation des 7 milliards de FCFA annoncés pour financer des projets structurants dans la province de l’Ogooué-Maritime durant la période de transition ouverte en 2023 sous l’impulsion du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema.
Conseiller municipal de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) dans le 4ᵉ arrondissement, Landry Steverick Moussambi a interpellé directement le député sur l’impact réel de cette enveloppe budgétaire. « On veut voir ces fonds se transformer en actions sociales, sanitaires et structurelles. Nous n’avons toujours pas constaté d’inaugurations significatives dans la province à la suite de ces sept milliards. Qu’en est-il réellement ? », a-t-il interrogé devant l’assemblée.
Cette question a trouvé un écho particulier parmi les habitants présents, nombreux à estimer que les annonces budgétaires doivent désormais se traduire par des réalisations visibles dans la capitale économique et dans l’ensemble de la province.
La nouvelle Taxe d’habitation suscite des inquiétudes
Autre point central des échanges : l’entrée en vigueur en 2026 de la Taxe forfaitaire d’habitation. Cette réforme fiscale, qui devrait générer environ 2,8 milliards de FCFA de recettes selon les projections officielles, suscite toutefois des interrogations parmi les populations. Pour Landry Steverick Moussambi, la question essentielle demeure celle de la destination de ces ressources fiscales. « Cette loi doit être précisée au niveau de son usage. Comment cette taxe sera-t-elle reversée aux collectivités ? La décentralisation sera-t-elle enfin effective ? Au bénéfice de qui est-elle instituée ? », a-t-il insisté.
Plusieurs participants ont également exprimé leurs craintes quant à la pression fiscale que pourrait représenter cette nouvelle contribution pour certaines catégories sociales déjà fragilisées.
Des préoccupations sociales persistantes
Du côté des notables, le président du Conseil communal des sages, Philippe Igouwé, a dressé un tableau particulièrement préoccupant de la situation dans le département de Bendjé. Il a notamment évoqué des infrastructures scolaires en mauvais état et des difficultés liées aux retards de paiement des salaires. « Qui peut travailler sans salaire ? Des personnes ne sont plus soignées dans nos villages. Que dit le président sur cette situation ? », a-t-il lancé.
Les chefs de quartiers ont, pour leur part, insisté sur la nécessité d’instaurer une fiscalité perçue comme équitable par les populations. « Les populations veulent comprendre en quoi cette taxe favorise l’équité. Pour ceux qui n’ont pas de revenu, la pression fiscale devient inquiétante. Sommes-nous réellement dans une logique d’équité ? », a souligné Stenne-Augustin Doupassou.
Une exigence croissante de redevabilité
Au terme de cette rencontre, l’objectif affiché par les organisateurs était de favoriser un dialogue direct entre le représentant de la nation et les citoyens de sa circonscription. Dans un esprit de transparence et de redevabilité, les différentes interventions ont permis de consigner les préoccupations exprimées par les élus locaux, les notables et les habitants.
Au-delà des échanges institutionnels, cette grande messe citoyenne aura surtout mis en évidence une attente forte des populations : celle de voir les réformes fiscales et les annonces budgétaires se traduire concrètement par une amélioration tangible des conditions de vie.
À Port-Gentil, comme dans d’autres localités du pays, les citoyens semblent désormais attendre des résultats visibles sur le terrain. Car pour beaucoup, l’efficacité de l’action publique ne se mesure plus seulement aux promesses, mais à leur impact réel sur le quotidien des Gabonais.










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