Port-Gentil : la direction Newrest Gabon introuvable, 300 salariés livrés à eux-mêmes
À Port-Gentil, la situation de Newrest Gabon pourrait virer à une nouvelle crise sociale majeure. Selon plusieurs sources internes concordantes, la filiale gabonaise du groupe français Newrest aurait perdu récemment un contrat stratégique représentant près de 60 % de son chiffre d’affaires local, fragilisant lourdement sa trésorerie et sa capacité à honorer ses engagements sociaux.
D’après des informations recueillies auprès de cadres et de représentants du personnel, la direction de Newrest Gabon aurait quitté le territoire gabonais dans la nuit du mercredi 28 janvier 2026, sans communication préalable auprès des salariés, des fournisseurs ni des partenaires sociaux. Le lendemain matin, plus de 300 employés auraient découvert des bureaux vides, sans note officielle ni consigne claire sur la suite des opérations.
Une direction introuvable, des salariés dans l’expectative
Toujours selon ces sources internes, les discussions en cours sur le paiement des salaires, des cotisations sociales et des primes auraient été brutalement interrompues. Les dirigeants locaux, notamment le directeur général et le responsable administratif et financier, seraient depuis lors injoignables. À ce stade, aucune communication officielle n’aurait été adressée aux employés pour expliquer les raisons de ce départ précipité.
Newrest Gabon intervient notamment auprès de clients majeurs du secteur pétrolier, parmi lesquels TotalEnergies, Perenco et CarOil. La perte du contrat principal aurait ainsi créé un effet domino sur l’ensemble de l’activité locale.
Une entreprise gabonaise en embuscade pour sauver l’activité ?
Dans ce contexte tendu, les salariés auraient découvert l’existence de discussions avancées entre Newrest Gabon et une entreprise gabonaise, en vue d’un rachat partiel ou total des activités. Selon des sources proches du dossier, cette société locale tenterait de maintenir l’exploitation, de préserver les emplois et d’éviter un arrêt brutal des prestations, malgré le départ non signalé de la direction sortante.
Cette initiative s’inscrirait, selon les mêmes sources, dans la logique de promotion du tissu économique national et de protection de l’emploi gabonais prônée par les autorités. L’entreprise candidate au reprenariat aurait elle-même été surprise par la fuite soudaine des dirigeants de Newrest Gabon, alors que les négociations n’étaient pas officiellement finalisées.
Un traumatisme social encore vif à Port-Gentil
À Port-Gentil, les salariés redoutent un scénario rappelant le départ de Sodexo en 2017, qui avait laissé plus de mille travailleurs sans solution immédiate. Les employés de Newrest Gabon en appellent désormais à l’intervention urgente de l’État afin de clarifier la situation, sécuriser les droits sociaux et encadrer toute éventuelle reprise.
Si les faits rapportés venaient à être confirmés, cette affaire poserait une nouvelle fois la question de la responsabilité sociale des multinationales opérant au Gabon et de la nécessité d’un encadrement plus strict pour éviter que les crises économiques ne se transforment en drames humains.









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