Port-Gentil : Hass Nziengui dénonce un discours « tribaliste et dangereux » d’Onanga Ndiaye
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Le samedi 22 février dernier, à Port-Gentil, le ministre des Affaires étrangères, Régis Onanga Ndiaye, a tenu des propos qui ont suscité une vive indignation au sein de la classe politique et de la société civile. Lors de cette rencontre citoyenne, censée prôner l’unité et l’apaisement, il a fait une déclaration perçue comme une légitimation des clivages identitaires entre les Myènes et les Mériès-Métiès. Une posture immédiatement dénoncée par plusieurs personnalités, dont Hass Nziengui, haut fonctionnaire de la République et journaliste, qui fustige un discours « tribaliste et dangereux pour la cohésion nationale ».
Des propos qui jettent de l’huile sur le feu. Dans une intervention où il prenait pour exemple le droit du sol aux États-Unis et en France, Régis Onanga Ndiaye a affirmé la primauté des peuples autochtones dans l’Ogooué-Maritime. Un parallèle qui a provoqué de vives réactions. « Je ne sais pas si ce que vous avez dit relève d’une manipulation, mais vos exemples sont fallacieux. Comment Barack Obama, fils d’un Kényan, a-t-il pu devenir président des États-Unis si le droit du sol l’en empêchait ? », interroge Hass Nziegui.
Selon lui, le ministre a usé d’un discours biaisé pour justifier une prise de position contraire aux principes républicains. « Aujourd’hui, il y a des élus africains en France, dont une Gabonaise d’origine. Votre rhétorique est dangereuse car elle alimente une fracture inutile et nuisible à notre vivre-ensemble », martèle-t-il.
Un discours belliqueux et partisan qui fragilise l’unité nationale
Loin d’un appel au rassemblement, la sortie du ministre est perçue comme un acte délibéré de division. « Vous avez parlé non pas en tant que ministre de la République, mais en tant que chef autochtone contre les autres communautés », dénonce Hass Nziegui. Il reproche à Régis Onanga Ndiaye d’avoir réveillé de vieilles rancœurs et d’avoir exacerbé des frustrations latentes. « Doit-on parler avec émotion lorsqu’on vient prôner l’apaisement ? Vous avez attisé la haine, opposant les Myènes aux autres composantes de la société gabonaise. Est-ce cela le renouveau prôné depuis le 30 août 2023 ? », questionne-t-il.
Hass Nziengui rappelle que jamais un ministre de l’Ogooué-Maritime n’avait tenu un tel discours auparavant, s’indignant que ce soit un membre du gouvernement, de surcroît de la Transition, censée renforcer l’unité nationale et donc le vivre ensemble qui alimente ainsi les tensions identitaires.
Une fracture qui interpelle le président de la Transition
Alors que le pays est en pleine transition et à quelques semaines de l’élection présidentielle du 12 avril, cette déclaration jette un trouble sur l’objectif d’unité nationale affiché par le président de la Transition, le général Brice Clotaire Oligui Nguema. « Le président de la République doit clarifier sa position. Est-ce la ligne officielle du gouvernement ? Ce type de discours doit être dénoncé au plus haut niveau, car il met en péril la paix sociale », insiste Hass Nziegui.
Cette déclaration de Régis Onanga Ndiaye, loin d’être anodine, risque d’alimenter une défiance accrue envers les institutions. Face aux tensions qu’elle a ravivées, une réponse forte de l’exécutif est attendue pour éviter que cette polémique ne prenne des proportions incontrôlables.
Pourquoi Gabon média time ne nous donne pas l’entièreté du discours du ministre ?