Bakoumba : malgré les démantèlements, l’orpaillage clandestin prospère toujours
Dans le département de la Lekoko, à Bakoumba, une nouvelle opération menée par les services spéciaux contre l’orpaillage illégal révèle l’ampleur d’un système structuré et résilient. Selon L’Union du lundi 12 janvier 2026, malgré des interventions répétées, les sites clandestins se reconstituent, alimentés par des complicités locales et transfrontalières.
La lutte contre l’orpaillage illégal dans le sud-est du Gabon peine à produire des résultats durables. D’après L’Union (12 janvier 2026), l’opération conduite récemment par la Direction générale des services spéciaux dans le département de la Lekoko, à Bakoumba, serait la quatrième du genre en quelques mois. Un chiffre qui témoigne de la persistance du phénomène, malgré des actions de terrain régulières.
Des interpellations, mais un système qui se reconstitue
L’intervention menée dans la nuit du 7 au 8 janvier a permis l’interpellation de sept individus – un Malien et six Congolais – entrés illégalement sur le territoire gabonais. Selon les informations rapportées par L’Union, ces derniers auraient bénéficié de soutiens logistiques locaux, notamment de la part d’agents chargés de la surveillance des frontières, moyennant des contreparties financières.
Pour les services de sécurité, le constat est récurrent : après chaque démantèlement, les sites illégaux se réinstallent. « Il existe un réseau structuré, nourri par des complicités locales », confient des sources sécuritaires citées par le quotidien national.
Lemagna, au cœur de dérives multiples
Toujours selon L’Union, le site de Lemagna ne se limiterait pas à l’orpaillage clandestin. Des activités connexes y prospéreraient, notamment des réseaux de prostitution, avec des jeunes filles contraintes à des rapports sexuels en échange de quelques grammes d’or. À cela s’ajouteraient le trafic de stupéfiants, la circulation d’armes à feu et la commercialisation de produits prohibés.
Ces pratiques, longtemps dissimulées dans la forêt, illustrent le caractère tentaculaire d’un réseau criminel qui dépasserait largement la seule exploitation illégale de l’or. Des relais locaux et des auxiliaires de commandement seraient également mis en cause.
Au-delà des opérations ponctuelles, l’enjeu des sanctions
Pour des acteurs de la société civile et certains responsables sécuritaires cités par L’Union, la réponse de l’État ne peut se limiter à des opérations coup de poing. Ils appellent à des enquêtes approfondies, à des sanctions exemplaires contre les agents corrompus et à une responsabilisation stricte des autorités locales impliquées.
Sans une action globale sur l’ensemble de la chaîne de complicités, préviennent-ils, l’orpaillage illégal continuera de prospérer, au détriment de l’autorité de l’État, de l’environnement et de la cohésion sociale dans les zones concernées.








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