PCL : seulement 600 condamnés sur 3500 détenus !
La Prison centrale de Libreville (PCL) croule sous le poids d’une surpopulation carcérale endémique a pu constater le ministre de la Justice, garde des Sceaux, chargé des Droits humains, Augustin Emane. Occasion pour le nouveau membre du gouvernement de cerner l’urgence de prendre le taureau par les cornes pour inverser la donne. Une tâche ardue qui passe par l’établissement de la détention préventive comme mesure exceptionnelle et non la norme.
À la prison centrale de Libreville sise au quartier Gros-bouquet dans le 1er arrondissement de Libreville, il est plus aisé d’y entrer que d’en sortir. D’ailleurs, les chiffres rendues publiques à l’issue de la récente visite du ministre de la tutelle parlent d’eux-mêmes. Sur les 3 500 individus incarcérés à la PCL, seuls 600 environ ont été jugés et condamnés. Il va sans dire que Près de 2 900 prévenus soit 83 % des effectifs croupissent en détention préventive.
L’éternelle détention préventive, le mal de l’univers carcéral !
Ces près de 3000 détenues sont dans l’attente d’un procès qui tarde à venir. Cette situation, qui préoccupe au plus haut point les autorités publiques dont le Dr. Augustin Émane, révèle un dysfonctionnement structurel du système judiciaire gabonais.
Pour y remédier, Dr. Augustin Emane mise sur « la célérité dans le traitement des dossiers ». Le membre du gouvernement a salué les réhabilitations en cours au sein de la maison d’arrêt pour femmes, au centre de détention des mineurs et des espaces communs comme l’infirmerie.
Il en a profité pour comprendre que les lenteurs judiciaires créent malheureusement la surpopulation carcérale et les détentions préventives advitam eternaem. Au point que la détention préventive, théoriquement exceptionnelle, s’est muée en pratique systématique. Or son objet était de préserver les preuves, empêcher les pressions sur témoins ou victimes, éviter la concertation frauduleuse entre complices, prévenir la récidive ou garantir la représentation de l’inculpé. Et ne doit être appliquée qu’en dernier recours, pour une durée limitée.
À l’inverse, la détention après condamnation sanctionne une peine privative de liberté prononcée à l’issue d’un procès équitable. Cette mesure de détention s’exécute une fois la décision devenue irrévocable par une décision de justice. Aussi, il est judicieux de préciser que le temps déjà passé en détention préventive sera déduit au moment de calculer le temps restant à purger. Gageons que le Dr. Augustin Emane parviendra à faire « en sorte qu’il y ait moins de détenus préventifs que des condamnés dans les prisons ». Nous y reviendrons !








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