Paule Maroussia : «Tous les créateurs de mode n’ont pas l’étoffe d’un entrepreneur »
Dans le débat sur l’avenir de la mode au Gabon, Paule Maroussia, connue sous le nom de La Dame Mode, invite à revoir certaines idées reçues. Pour la rédactrice en chef et directrice du magazine éponyme, tous les créateurs ne sont pas destinés à devenir chefs d’entreprise. Vouloir imposer cette logique à l’ensemble des stylistes revient à fragiliser davantage un secteur encore en construction.
Dans une publication sur son compte Facebook le 27 mars 2026, La Dame Mode appelle clairement à distinguer clairement les profils créatifs des ceux entrepreneuriaux afin de bâtir un secteur plus solide. « Tous les créateurs de mode n’ont pas l’étoffe d’un entrepreneur. Ni la vocation de devenir chef d’entreprise d’ailleurs.», a-t-elle déclaré. La Dame Mode estime que cette vision impose aux créatifs des responsabilités qui dépassent leur champ d’expertise.
Une industrie à structurer pour valoriser les talents
Pour Paule Maroussia, l’excellence créative ne suffit pas à garantir la réussite d’une entreprise. La gestion, la stratégie, la finance ou encore le management exigent des compétences spécifiques. «Exceller dans la création ne signifie pas être compétent pour diriger une entreprise. », souligne-t-elle. Elle insiste également sur le fait que, dans les pays où l’industrie de la mode est développée, les rôles sont clairement définis et les carrières diversifiées.
« Il est parfaitement normal et même essentiel, que des stylistes travaillent pour d’autres stylistes. C’est ainsi que se construit une véritable industrie. Le salariat n’est ni un échec ni un manque d’ambition.» explique La Dame Mode. Elle n’a pas manqué d’indiquer que les grandes industries reposent sur une organisation hiérarchisée, où des stylistes, modélistes et autres professionnels collaborent au sein de structures solides. Dans une industrie où il n’existe pas de niches véritables pour l’éclosion, il est difficile de s’en sortir.
«Un secteur de la mode fort ne repose pas uniquement sur une multitude de créateurs indépendants. Mais également sur un équilibre.», a-t-elle conclu. Son plaidoyer porte ainsi sur la création de quelques structures fortes, entourées d’une majorité de professionnels qualifiés, afin de sortir la mode gabonaise de l’informel et poser les bases d’une industrie durable, compétitive et structurée.









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