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Panthères du Gabon : l’illusion derrière la gabonisation du staff technique !

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L’échec de Thierry Mouyouma à la tête des Panthères du Gabon, avec un staff à forte connotation gabonaise, n’a surpris que les plus optimistes. Aligné sur les aspirations nationalistes des autorités depuis le coup d’État du 30 août 2023, ce choix s’est révélé être une impasse malgré des belles choses démontrées. Aujourd’hui, la question se pose avec acuité : faut-il persister dans la gabonisation du staff technique et du poste de sélectionneur national, alors que les options locales qualifiées font cruellement défaut ?

La volonté de confier les rênes de l’équipe nationale à des compatriotes part d’une intention louable, celle de promouvoir l’identité gabonaise dans le sport roi. Pourtant, la réalité est implacable. La majorité des anciens internationaux, ces héros d’hier n’ont pas embrassé la voie du coaching après leur carrière ou des formations en kinésithérapie voire mentaliste. Résultat, les responsables du sport, sont contraints par un vivier restreint, de se tourner vers des profils étrangers. 

Gaboniser oui mais pas par simple envie de tendance !

Passée l’expérience Thierry Mouyouma, qui s’est déroulée en dents de scie, il est difficile d’envisager un staff exclusivement gabonais. Seuls des noms comme Saturnin Ibela ou Anicet Yala émergent comme des exceptions viables, mais ils ne suffisent pas à combler les lacunes pour le poste de technicien. Après le staff technique ne se limite pas au coaching. Mais disons-le nous, c’est le premier capitaine d’une sélection et d’une équipe de football à bas mots. 

Cependant, entraîner une sélection nationale ne se résume pas à une passion patriotique ou à une simple envie. Il faut des diplômes reconnus, un grade approprié et une expérience probante. Des éléments qui manquent cruellement dans notre cher pays le Gabon. Les choix post-carrière des anciens joueurs, souvent orientés vers d’autres horizons, aggravent ce vide. Les techniciens locaux, bien que motivés, peinent à inspirer confiance pour diriger une équipe au plus haut niveau. Insister sur une gabonisation à outrance reviendrait à improviser un nouveau cycle.

Miser sur une approche actuelle et réaliste !

Au risque de perpétuer les échecs et de compromettre les ambitions des Panthères, le Gabon pourrait se tourner vers une formule qui gagne du terrain. En effet, des alternatives existent au-delà des frontières occidentales, comme l’a démontré la CAN 2025. Les entraîneurs africains ont brillé notamment avec Eric Chelle qui a propulsé le Nigeria à la troisième place, défiant les pronostics. Que dire de Pape Thiaw qui a conduit le Sénégal au titre suprême face au Maroc de Walid Regragui, autre tacticien du continent. Ces profils, scrutés avec attention, pourraient s’avérer judicieux. 

À l’heure où le pays se cherche un nouvel entraîneur, une cohabitation avec des techniciens nationaux semble idéale. Le poste de manager général pourrait voir intégrer Daniel Cousin, Didier Ovono Ebang voire Pierre Aubameyang dans un rôle consultatif, pour créer une alchimie profitable. Ancien international et capitaine des Panthères du Gabon, le nouveau ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany est à même de cerner que la gabonisation du staff se heurte à un mur de compétences limitées. Ce qui impose de prioriser l’excellence sur le nationalisme pur.

Lyonnel Mbeng Essone

Rédacteur en chef adjoint, je suis diplômé en droit privé. J'ai longtemps fourbi mes armes dans les cabinets juridiques avant de me lancer dans le web journalisme. Bien que polyvalent, je me suis spécialisé sur les questions sociétés, justice, faits-divers et bien sûr actualités sportives.

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