Panthères du Gabon : après les déclarations de Mouyouma, Daniel Cousin réclame la vérité sur les ingérences
Les mots sont lourds, assumés, et ils confirment un malaise profond. En dénonçant l’« ingérence » dans la gestion de l’équipe nationale, Daniel Cousin vient renforcer, publiquement, ce que le sélectionneur Thierry Mouyouma avait déjà laissé entendre. Désormais, une exigence s’impose : que les noms de celles et ceux qui interfèrent soient clairement identifiés.
La CAN 2025 aura laissé des traces. Pas seulement sportives. Après l’élimination précoce des Panthères, la parole se libère, et elle converge. Interrogé par New World Sports, l’ancien capitaine de la sélection gabonaise n’a pas mâché ses mots : « C’est une énorme déception (…) Cette équipe avait largement les moyens de réaliser un beau parcours. » Le constat est sévère, mais c’est surtout la cause qu’il pointe qui interpelle.
Une dénonciation qui fait écho aux propos de Mouyouma
En évoquant l’« ingérence », « On nomme un sélectionneur, mais on ne le met pas dans les meilleures conditions » — Daniel Cousin dit tout haut ce que Thierry Mouyouma a dit à demi-mot. Le sélectionneur a parlé de « mains noires », de pressions diffuses dans la préparation et la gestion du vestiaire. L’ancien capitaine confirme : le problème est structurel, ancien, et récurrent.
Plus encore, l’argument de l’instabilité institutionnelle est rappelé sans détour : « Quand j’étais sélectionneur, j’ai connu cinq ministres des Sports différents. » Comment bâtir une sélection nationale cohérente dans ces conditions ? Comment exiger des résultats quand les lignes bougent en permanence, au gré des agendas et des influences ?
Fédération, ministère, Présidence : l’heure de la clarté
Les déclarations croisées posent une question centrale : qui interfère réellement ? Est-ce au sein de la Fédération gabonaise de football ? Au ministère des Sports ? Ou plus haut encore, jusqu’aux cercles de la Présidence de la République ?
Il ne s’agit plus d’insinuations. Si des pressions existent sur la sélection des joueurs, sur les temps de jeu, sur les choix techniques, elles doivent être documentées et assumées. La reconstruction du football gabonais ne peut s’opérer dans l’opacité et les non-dits.
Nommer pour assainir, assumer pour reconstruire
Daniel Cousin conclut sans fard : « Il y a tout à refaire : le championnat, la formation, la relève. » Mais rien ne sera refait sans un préalable indispensable : la vérité. Dire qui décide réellement. Dire qui bloque. Dire qui interfère.
À défaut, la responsabilité retombera toujours sur le banc de touche, sur les joueurs, sur le sélectionneur du moment. Assez. Après Mouyouma, après Cousin, les noms sont attendus. Pour assainir. Pour reconstruire. Et pour rendre enfin au football gabonais ce qui lui manque le plus : la cohérence et la responsabilité.








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