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Oyem : 7 agents de la SEEG écroués pour vol de carburant, un réseau structuré mis en cause

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Le parquet d’Oyem a annoncé le placement en détention préventive de sept agents de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), accusés de vol aggravé et de recel de plus de 3 000 litres de gasoil. Une affaire aux ramifications multiples qui met en lumière un système présumé de détournement organisé depuis plusieurs années.

C’est une affaire qui éclabousse une nouvelle fois la gestion des ressources stratégiques au Gabon. Le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Oyem, Raphaël Mangouka, a confirmé, le 31 mars 2026, le placement en détention préventive de sept agents de la SEEG, interpellés quelques jours plus tôt dans le cadre d’une enquête sur un vaste réseau de détournement de carburant.

Un réseau de détournement structuré autour de la centrale de Methui

Les faits remontent à plusieurs mois, à la suite de deux plaintes déposées respectivement le 12 janvier 2026 par la direction régionale Woleu-Ntem/Ogooué-Ivindo et le 8 mars 2026 par la direction générale de la SEEG. Ces plaintes portent sur des faits de vol aggravé et de recel, prévus et punis par les articles 292, 296 et 312 du Code pénal gabonais.

Selon les premiers éléments de l’enquête, plus de 3 000 litres de gasoil destinés à alimenter la centrale thermique de Methui, située dans le 1er arrondissement d’Oyem, auraient été détournés. « Le cerveau de ce détournement de carburant est un agent de la SEEG chargé du gardiennage du site », a précisé le procureur Raphaël Mangouka.

Des complicités locales et régionales évoquées

L’enquête met en évidence l’existence d’un réseau organisé impliquant plusieurs acteurs. L’agent principal mis en cause aurait développé un système de revente clandestine du carburant, en s’appuyant notamment sur des taximen opérant dans la ville d’Oyem.

Mais au-delà du périmètre local, les investigations révèlent des ramifications plus larges. « Cette pratique existe et est entretenue depuis plusieurs années », a indiqué le procureur, évoquant également des connexions avec les localités de Bitam, Mitzic et même Makokou. Des anciens agents de la SEEG, aujourd’hui retraités, seraient également cités dans cette affaire.

Une enquête en cours aux enjeux multiples

Face à la complexité du dossier, le parquet a requis l’ouverture d’une information judiciaire. Les sept agents ont ainsi été placés en détention préventive à la prison centrale d’Oyem, dans l’attente de la suite de la procédure.

Par ailleurs, des échanges sont en cours avec les juridictions de Makokou, où d’autres agents de la SEEG auraient été interpellés pour des faits similaires. « Nos collègues ont promis de nous transmettre des éléments afin de coordonner l’action publique », a précisé Raphaël Mangouka.

Cette affaire soulève des questions majeures sur la sécurisation des ressources énergétiques au Gabon et sur les mécanismes internes de contrôle au sein des entreprises publiques. Elle met également en lumière les défis persistants en matière de gouvernance et de lutte contre les pratiques frauduleuses dans des secteurs stratégiques pour l’économie nationale.

Geneviève Dewuno Edou

Diplômée en journalisme,je suis chargée des rubriques Santé en plus d’être l’une des voix derrière de nombreux reportages de GMTtv. L'écriture, la pose de voix, la présentation du Journal télévisé sont les principales tâches que j’exécute et pour lesquelles je mets mes capacités au quotidien au profit de la rédaction de Gabon Media Time.

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