OMS : la surutilisation des antimicrobiens, une menace pour la santé

À l’occasion de la Semaine mondiale de sensibilisation à la résistance aux antimicrobiens, célébrée du 18 au 24 novembre 2025, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé un avertissement ferme, les médicaments autrefois efficaces pour traiter les infections perdent progressivement de leur puissance. En cause, une surutilisation et un mauvais usage persistants qui compromettent les acquis médicaux et mettent sous pression les familles ainsi que les systèmes de santé.
Placée sous le thème « Agissons maintenant : protégeons notre présent, sécurisons notre avenir », cette semaine vise à mobiliser les populations et les professionnels de santé autour d’un objectif crucial notamment, encourager une utilisation responsable des antimicrobiens afin de préserver leur efficacité pour les générations futures. Ces médicaments restent en effet essentiels pour sauver des vies, protéger la santé publique et garantir la sécurité alimentaire mondiale.
Une menace sanitaire majeure
Dans son message officiel, le directeur régional de l’OMS pour l’Afrique, Dr Mohammed Janabi, a rappelé que la surutilisation des antimicrobiens représente aujourd’hui l’un des plus grands défis sanitaires. « Elle détruit des décennies de progrès médicaux et menace notre capacité à traiter les infections les plus courantes », a-t-il déclaré.
D’ailleurs, les chiffres parlent d’eux-mêmes puisqu’en 2021, les infections résistantes aux antimicrobiens ont causé environ 1,14 million de décès, soit davantage que le VIH ou le paludisme. Et l’Afrique subsaharienne demeure la région la plus touchée, révélant la vulnérabilité persistante des systèmes de santé face à cette crise silencieuse.
Un appel à l’action coordonnée
Face à ce constat inquiétant, le Dr Mohamed Janabi appelle à une responsabilisation collective. Pour freiner la progression de la résistance, il préconise la mise en place de diagnostics plus performants permettant un traitement rapide et ciblé, ainsi que le renforcement des mesures de prévention des infections, notamment pour protéger les mères et les nouveau-nés lors de l’accouchement.
L’OMS encourage également les gouvernements des 47 États membres de la région africaine à investir davantage dans le financement des plans d’action nationaux et dans les systèmes de laboratoire. L’intégration de la lutte contre la résistance aux antimicrobiens dans les stratégies de soins primaires, de prévention des infections et de couverture sanitaire universelle est présentée comme une priorité.
Rôle clé des professionnels et des communautés
Le directeur régional souligne l’importance de doter les agents de santé, pharmaciens et vétérinaires des compétences et outils nécessaires pour promouvoir une utilisation responsable des antimicrobiens. Il appelle aussi à une meilleure régulation de la production et de l’élimination des déchets pharmaceutiques afin d’éviter la contamination environnementale.
Enfin, la participation des communautés en particulier des jeunes est jugée indispensable pour sensibiliser, lutter contre l’automédication et encourager le respect des prescriptions médicales. Le secteur agricole est également invité à adopter des pratiques limitant l’usage excessif des antimicrobiens.









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