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Numérique : l’Italie pionnière dans la régulation de l’IA

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L’Italie prend une avance notable dans la gouvernance de l’intelligence artificielle en adoptant une loi nationale venant compléter l’AI Act européen. Le Parlement italien a approuvé, en septembre 2025, un projet de loi sur l’IA entré en vigueur le 10 octobre 2025, positionnant Rome comme le premier État membre à se doter d’un cadre national spécifique en la matière. Cette initiative vise à concilier innovation technologique et protection des droits fondamentaux.

Selon Lepetitjournal.com, la loi adopte une approche dite « anthropocentrique », dans laquelle l’intelligence artificielle doit demeurer un outil au service de l’humain et ne saurait se substituer aux décisions humaines dans les domaines sensibles. Elle impose des obligations de transparence, de proportionnalité et de sécurité aux concepteurs, opérateurs et diffuseurs de systèmes automatisés.

Un cadre centré sur les droits fondamentaux

Parmi les mesures phares, la législation italienne encadre strictement l’usage de l’IA dans les secteurs de la santé, du travail et de la justice. Elle étend la protection des droits d’auteur en précisant que seules les œuvres résultant d’un travail intellectuel humain bénéficient automatiquement de cette protection, et crée une infraction spécifique contre la diffusion illicite de deepfakes. Pour assurer la coordination de la mise en œuvre, l’Agenzia per l’Italia Digitale (AgID) et l’Agenzia per la Cybersicurezza Nazionale (ACN) se voient attribuer des rôles clairement définis.

Le texte prévoit également un pilotage sectoriel rigoureux : les employeurs devront informer les travailleurs de l’utilisation d’outils d’IA, tandis que les professionnels intellectuels seront tenus de signaler les systèmes automatisés qu’ils emploient. Un Observatoire de l’IA au travail sera mis en place afin de suivre les impacts sur l’emploi. Par ailleurs, des investissements pouvant atteindre un milliard d’euros sont évoqués pour soutenir les start-up et les PME innovantes.

Ces mécanismes visent à préserver la souveraineté technologique tout en stimulant la recherche et l’innovation. La réussite de ce chantier dépendra désormais des décrets d’application que le gouvernement devra adopter et de l’effectivité des contrôles. L’Italie espère que cet équilibre entre encadrement réglementaire et compétitivité économique fera école en Europe. La vigilance des acteurs publics et privés restera toutefois déterminante. L’Europe, et au-delà, le monde observeront attentivement.

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