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Ntoum : les déguerpis de Mfoulayong réclament le paiement de leurs indemnisations

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Un an après la destruction de leurs plantations et vergers dans le cadre du projet gouvernemental « Un Gabonais, une parcelle », les habitants de Mfoulayong, dans la commune de Ntoum, dénoncent l’absence totale d’indemnisation. Réunis en collectif, les sinistrés interpellent les plus hautes autorités de l’État.

C’est à travers des documents transmis à la rédaction de Gabon Media Time que le collectif des déguerpis de Mfoulayong est monté au créneau. En cause : la destruction de biens agricoles intervenue dans le 1er arrondissement de la commune de Ntoum, sans qu’aucune compensation financière ne leur ait été versée à ce jour. Les intéressés affirment avoir perdu plantations, vergers et moyens de subsistance, sans perspective claire de réparation.

Des destructions dénoncées comme irrégulières

À bout de patience, les membres du collectif dénoncent des opérations conduites, selon eux, en violation des procédures légales en vigueur. Ils pointent notamment la responsabilité de l’entreprise PH Travaux Publics, accusée d’avoir exécuté les travaux sans consultation publique préalable, sans audience foraine, sans recensement des populations impactées, ni évaluation des cultures détruites.

Selon le collectif, aucune base juridique solide n’aurait encadré les opérations menées sur le site. Les déguerpis évoquent l’absence de décret d’utilité publique, tout comme l’inexistence de titres fonciers dûment établis avant la destruction des biens agricoles, pourtant situés sur des terres exploitées de longue date.

Face à la situation, la responsable du collectif indique avoir saisi les services locaux du ministère de l’Agriculture à Ntoum afin qu’un constat des dégâts soit effectué. Une démarche qui, selon elle, se serait heurtée à des pressions et à des tentatives d’intimidation. Certains responsables locaux auraient justifié les destructions en invoquant de supposées instructions émanant de la Présidence de la République, du Premier ministre et du ministère de l’Habitat.

Le cadre légal invoqué par les sinistrés

Une argumentation que contestent fermement les agriculteurs de Mfoulayong, qui s’appuient sur les dispositions du décret n°1016/PR/MAEPDR du 19 octobre, fixant le barème d’indemnisation en cas de destruction volontaire de cultures, de bétail, de bâtiments d’élevage ou de ressources halieutiques. Ce texte prévoit explicitement les montants dus aux victimes de telles opérations, lorsque celles-ci sont menées par les pouvoirs publics.

Pour le collectif, le refus persistant d’indemnisation constituerait un abus de pouvoir et une violation manifeste de leurs droits économiques et sociaux. « Nous ne demandons qu’une chose : la réparation du préjudice subi », résument-ils. Dans l’urgence, les déguerpis de Mfoulayong en appellent à l’intervention des plus hautes autorités de l’État, au premier rang desquelles le chef de l’État, afin que les textes en vigueur soient appliqués et que leur situation trouve enfin une issue conforme au droit.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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