Ngounié : face aux impayés des émoluments, le gouverneur convoque une réunion de clarification

Confronté à la grogne persistante des délégués spéciaux sortants, privés d’une partie de leurs émoluments de décembre 2025, le gouverneur de la Province de la Ngounié, Francis Oyinamono, a convoqué une réunion de travail ce mercredi 15 janvier 2026 à la mairie centrale de Mouila. Une initiative attendue, alors que le silence administratif nourrit colère, précarité et malaise institutionnel.
Une convocation formelle après des semaines de silence. Par note officielle datée du 12 janvier 2026, le gouverneur a invité à une réunion de travail le préfet du département de la Douya-Onoye, les délégués spéciaux sortants, les membres des nouveaux bureaux des collectivités locales, les responsables des Forces de défense et de sécurité ainsi que le trésorier provincial. La présence de tous est déclarée « de rigueur ». L’objectif affiché : remettre à plat le dossier des émoluments impayés et tenter de restaurer un cadre de dialogue.
Des délégués spéciaux fragilisés et un malaise social profond
Cette convocation intervient après la note du 30 décembre 2025 ayant acté un partage des émoluments du mois de décembre, un tiers pour les sortants, deux tiers pour les nouveaux responsables, présentée alors comme un « consensus administratif ». Depuis, aucune instruction complémentaire n’avait été donnée, laissant les intéressés dans une impasse financière.
Sur le terrain, les conséquences sont lourdes. Les délégués spéciaux sortants rappellent avoir assuré la continuité administrative jusqu’à la fin effective de l’exercice 2025, parfois dans des conditions difficiles, avant d’être privés d’une part substantielle de leurs droits. Plusieurs d’entre eux dénoncent une décision injuste et déconnectée de la réalité du service rendu.
Au-delà des montants en jeu, c’est la méthode qui est contestée : une décision prise, puis plus rien. Pas de médiation, pas de correction, pas de parole politique. Une situation vécue comme une humiliation par des agents de l’État qui se retrouvent aujourd’hui en difficulté pour faire face à leurs charges élémentaires.
Une transition administrative mal maîtrisée
Cette affaire met en lumière une fragilité récurrente de l’administration territoriale : la gestion des fins de mandat. En traitant ces transitions comme de simples ajustements comptables, l’État prend le risque de fabriquer du ressentiment et d’éroder durablement la confiance de ses cadres intermédiaires.
La réunion convoquée à Mouila apparaît ainsi comme un test : celui de la capacité des autorités provinciales à corriger une décision contestée et à réintroduire de l’équité dans le traitement des agents sortants.
Le ministère de l’Intérieur Adrien Nguema Mba à nouveau interpellé
Si l’initiative du gouverneur est saluée, la responsabilité politique dépasse l’échelon provincial. Le dossier interpelle directement le ministre de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, désormais attendu sur un arbitrage clair. Reprendre ce dossier en main, c’est rétablir la justice administrative et envoyer un signal fort : servir l’État ne doit jamais conduire à la précarisation ni à l’oubli.
À défaut d’une issue rapide et équitable, le silence observé jusqu’ici continuera d’être perçu, par les concernés, comme une faute politique et le sentiment d’avoir été désabusés.








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