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Ngounié : après la note du gouverneur, silence de l’Etat et clochardisation des anciens délégués spéciaux

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Depuis la note du gouverneur de la Ngounié actant le partage des émoluments de décembre 2025, le dossier est plongé dans un silence assourdissant. Malgré les plaintes répétées des délégués spéciaux sortants, aucune clarification, aucune correction, aucune réponse politique. Résultat : des hommes et des femmes de l’administration territoriale laissés pour compte, financièrement précarisés et symboliquement humiliés. Une situation qui interpelle directement le nouveau ministre de l’Intérieur, Adrien Nguema Mba, désormais comptable de ce malaise.

Une note administrative, puis plus rien. Datée du 30 décembre 2025, la note du gouverneur de la Ngounié avait pour ambition de trancher la question sensible du paiement des émoluments du mois de décembre, dans un contexte de transition entre délégués spéciaux sortants et nouveaux bureaux des collectivités locales.

Le principe arrêté — un tiers (1/3) pour les sortants, deux tiers (2/3) pour les nouveaux responsables — a été présenté comme un « consensus administratif ». Depuis ? Silence radio. Aucune instruction complémentaire. Aucune médiation. Aucune prise de position du ministère de tutelle.

Des délégués sacrifiés sur l’autel de l’indifférence

Sur le terrain, la réalité est brutale. Les anciens délégués spéciaux, pourtant en fonction jusqu’à la fin effective de l’exercice 2025, dénoncent une décision injuste et déconnectée de leur charge réelle de travail.

Beaucoup affirment avoir assuré la continuité administrative, la gestion courante et parfois même la préparation de la transition, avant d’être remerciés par une ponction sèche de leurs droits financiers. Aujourd’hui, certains d’entre eux peinent à faire face à leurs charges élémentaires. Le mot circule dans les rangs concernés, dur mais assumé : ils ont été “clochardisés” par l’administration.

Une transition mal gérée, un signal désastreux

Ce dossier dépasse la simple question des émoluments. Il révèle une pathologie plus profonde : l’incapacité chronique de l’administration territoriale à gérer humainement et juridiquement les fins de mandat. Comment demander loyauté, rigueur et engagement à des responsables locaux, si l’État lui-même donne le sentiment de se débarrasser des siens sans égard ni équité ?

À force de traiter les transitions comme de simples formalités comptables, l’administration fabrique du ressentiment, de la défiance et une démotivation durable des cadres intermédiaires.

Adrien Nguema Mba interpellé

La balle est désormais dans le camp du ministre de l’Intérieur. Adrien Nguema Mba ne peut se réfugier derrière une note provinciale pour esquiver un problème éminemment politique et social.

Il lui revient de reprendre ce dossier en main, d’ordonner un réexamen équitable du paiement des émoluments de décembre 2025 et de mettre fin à une situation indigne d’un État qui se veut républicain et respectueux de ses agents.

Régler cette affaire, ce n’est pas céder à une pression corporatiste.C’est rétablir la justice administrative, restaurer la confiance et envoyer un message clair : servir l’État ne doit jamais conduire à l’humiliation. À défaut, le silence actuel sera interprété pour ce qu’il est déjà devenu aux yeux des concernés : une faute politique.

Henriette Lembet

Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...

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