Ndendé–Doussala : la BAD et l’État préoccupés par l’avancement limité du chantier routier
À quelques mois de l’échéance initiale, le chantier de la route Ndendé–Doussala affiche un taux d’exécution de seulement 27 %. Une situation qui suscite l’inquiétude du ministère des Travaux publics et de la Banque africaine de développement (BAD), engagés dans le suivi de ce projet stratégique.
Le projet routier Ndendé–Doussala (49 km), présenté comme un maillon essentiel du corridor transafricain, peine à tenir ses engagements. En visite récente sur le site, une délégation conjointe du ministère des Travaux publics et de la Banque africaine de développement (BAD) a dressé un constat préoccupant : le chantier n’affiche qu’un taux d’exécution de 27 %, alors même que sa livraison était prévue dans les prochains mois.
Lancé officiellement le 1er novembre 2024 par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, ce projet structurant devait contribuer à améliorer la connectivité entre le Gabon et les pays voisins, tout en facilitant les échanges économiques dans la sous-région.
Des retards accumulés dès les premières phases
Selon les éléments recueillis, cette faible progression s’explique par plusieurs facteurs. Parmi eux, l’installation tardive du chantier, mais également des contraintes liées à l’évaluation et au paiement des indemnisations des populations impactées. À cela s’ajoute un démarrage effectif des travaux retardé, qui a lourdement pesé sur le calendrier initial.
Ces difficultés, souvent récurrentes dans les grands projets d’infrastructures, mettent en lumière les limites de la planification et de l’anticipation dans la conduite des chantiers publics.
Un projet stratégique sous pression
Au-delà de l’aspect technique, l’enjeu est avant tout stratégique. La route Ndendé–Doussala s’inscrit dans le réseau de la Transafricaine, un axe continental destiné à renforcer l’intégration régionale et à fluidifier les échanges entre les pays d’Afrique centrale.
Dans ce contexte, le retard observé pourrait avoir des répercussions sur la crédibilité des engagements du Gabon vis-à-vis de ses partenaires financiers, notamment la BAD, principal bailleur du projet.
Vers un réajustement du calendrier ?
Face à cette situation, la question d’un éventuel réaménagement du chronogramme se pose avec acuité. Si aucune annonce officielle n’a encore été faite, la pression exercée par le maître d’ouvrage et le bailleur pourrait conduire à un renforcement du suivi du chantier, voire à des mesures correctives pour accélérer les travaux.
En filigrane, ce dossier relance le débat sur la gouvernance des grands projets d’infrastructures au Gabon. Entre ambitions affichées et réalités d’exécution, la capacité à respecter les délais reste un défi majeur pour les autorités.
À mesure que l’échéance approche, le chantier Ndendé–Doussala apparaît désormais comme un test grandeur nature de l’efficacité de la politique d’investissement public engagée par les pouvoirs publics.










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