Mike Jocktane : « La peine de mort ne démantèle pas les réseaux criminels »
C’est en sa double qualité d’évêque et d’homme politique que le Dr Mike Jocktane s’est, à son tour, invité dans le débat sensible sur la peine de mort. Relancée le 8 janvier dernier à l’occasion des vœux présidentiels, la question a été portée sur la place publique après que le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) a évoqué l’idée d’un référendum, tandis que le chef de l’État appelait à une consultation. Dans ce contexte, Mike Jocktane prône la retenue, mettant en garde contre toute décision dictée par la colère collective et rappelant les principes fondamentaux du droit international et de la morale républicaine.
Pour l’ancien candidat à la présidentielle, la gravité des crimes récemment commis, notamment les assassinats rituels, impose un débat « national, profond et courageux », mais certainement pas une réaction impulsive. « Lorsqu’une nation légifère sous le choc, elle risque de confondre justice et représailles », avertit-il. Refusant une réponse strictement émotionnelle à ce qu’il qualifie de « mal structurel », Mike Jocktane souligne que ces crimes obéissent souvent à des logiques d’endoctrinement, d’intérêts occultes et de réseaux organisés, bien éloignées d’un simple calcul rationnel face à la sanction pénale.
Une fermeté sans renoncement aux principes
Au cœur de son argumentaire, une affirmation explicitement assumée « la peine de mort ne démantèle pas les réseaux criminels ». Selon lui, la peine capitale frappe le plus souvent les exécutants visibles, laissant dans l’ombre les commanditaires, financiers et complices qui structurent ces crimes. « Elle peut même servir de diversion, donnant l’illusion de la justice pendant que les véritables architectes du crime échappent aux poursuites », insiste-t-il. Pour Mike Jocktane, aucune donnée sérieuse ne prouve d’ailleurs que la peine de mort dissuade mieux que la réclusion criminelle à perpétuité, la véritable dissuasion reposant selon lui sur la certitude de la sanction et non sur sa brutalité.
L’évêque alerte également sur l’irréversibilité de l’erreur judiciaire dans un contexte de forte pression populaire « Sommes-nous prêts à assumer collectivement la mort d’un innocent exécuté au nom de l’État ? », interroge-t-il, estimant qu’aucune République digne de ce nom ne peut accepter un tel risque. En filigrane, il défend une alternative qu’il juge plus efficace et plus juste, des peines incompressibles, la confiscation des biens issus du crime et le démantèlement méthodique des réseaux. Refuser la peine de mort, conclut-il, « ce n’est pas excuser les criminels, c’est refuser que la République renonce à ce qui la distingue de ceux qu’elle combat ».








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