Michel Ongoundou : «Sans contre-pouvoir, il n’y a pas de démocratie crédible»
Dans un paysage politique en recomposition, Michel Ongoundou Loundah trace sa ligne : une opposition indépendante, ni complaisante ni systématique. Entre tensions internes et repositionnement stratégique, le président de REAGIR entend redonner du sens au contre-pouvoir.
À contre-courant des postures fluctuantes de l’opposition gabonaise, Michel Ongoundou Loundah tente d’imposer une ligne claire : celle d’une opposition structurée, assumée et surtout indépendante. Pour le président du parti Ré-appropriation du Gabon de son indépendance pour sa reconstruction (REAGIR), il n’est pas question de céder à une opposition de façade ni de se laisser absorber par le pouvoir.
Dans un contexte marqué par l’après-août 2023, qu’il qualifie d’« espace politique atomisé », l’homme politique plaide pour une reconstruction méthodique de l’opposition. Objectif : faire émerger un véritable contre-pouvoir capable d’équilibrer l’action gouvernementale.
Une opposition utile, pas décorative
Pour Michel Ongoundou Loundah, le rôle de l’opposition ne se limite pas à la contestation. Elle doit, au contraire, contribuer à crédibiliser l’action publique. « Quand il y a un pouvoir, il faut des contre-pouvoirs », martèle-t-il, insistant sur la nécessité d’une opposition exigeante mais responsable.
Cette posture se distingue d’une ligne plus conciliante adoptée par certains acteurs politiques. Lui revendique une indépendance totale, refusant toute tentative de récupération. Sa rencontre avec le chef de l’État ? Une démarche personnelle, précise-t-il, sans implication politique formelle de son parti.
Tensions internes et bataille de légitimité
Sur le front interne, la situation reste tendue. La contestation de son leadership par Jean-François Ndong Obiang, qui annonce un congrès parallèle, a conduit Michel Ongoundou Loundah à saisir la justice. Il dénonce des « actes de délinquance », signe d’une bataille ouverte pour le contrôle du parti.
Mais fidèle à son style, il relativise ces turbulences, préférant invoquer la patience stratégique plutôt que la réaction précipitée.
Vers une recomposition de l’opposition ?
Au-delà de REAGIR, le leader politique évoque des rapprochements avec d’autres formations, notamment au sein de la Coalition pour la nouvelle République (CNR) ou de l’Union du peuple gabonais (UPG). Une dynamique qui pourrait préfigurer une recomposition plus large.
Reste une exigence : la sincérité. Car pour Michel Ongoundou Loundah, toute interaction avec le pouvoir doit reposer sur un dialogue clair, équilibré et respectueux. À défaut, l’opposition perdrait sa raison d’être : être la boussole démocratique du Gabon.










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