Michel Ongoundou Loundah : « Le Gabon a besoin d’institutions fortes, crédibles et impartiales »
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Alors que la transition politique se poursuit au Gabon sous la houlette du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI), des voix s’élèvent pour plaider en faveur d’une refonte institutionnelle durable. C’est dans cette optique que Michel Ongoundou Loundah, président intérimaire du parti Réappropriation du Gabon, de son Indépendance, pour sa Reconstruction (REAGIR), s’est exprimé lors d’une interview accordée à Panafrik Média le 26 février 2025. L’homme politique, qui pourrait briguer la présidence lors du scrutin du 12 avril prochain, a insisté sur la nécessité de bâtir des institutions solides et indépendantes, au-delà de la seule figure du chef de l’État.
Mettre fin au mythe de l’homme providentiel. Dans un contexte où le débat politique gabonais est dominé par la question de la candidature du président de la transition, le général Brice Clotaire Oligui Nguema, Michel Ongoundou Loundah invite à recentrer l’attention sur la nécessité de consolider l’État de droit.
« Le Gabon a besoin d’avoir des institutions fortes, crédibles et qui garantissent les mêmes droits pour tous les Gabonais », a-t-il martelé, dénonçant l’idée selon laquelle un seul homme pourrait résoudre les défis structurels du pays. Pour lui, la stabilité et le développement du Gabon passent impérativement par des réformes en profondeur garantissant l’égalité de tous devant la loi et la transparence dans la gestion des affaires publiques.
Un bilan mitigé pour le CTRI
Loin d’être convaincu par les avancées de la transition, le président de REAGIR pointe du doigt le manque de clarté dans l’action du CTRI. Selon lui, l’organe chargé de restaurer les institutions gabonaises semble s’être éloigné de sa mission initiale. « Il faut qu’on sorte du mythe de l’homme providentiel. Les Gabonais ont besoin d’un pays qui leur assure des droits légaux et équitables ainsi qu’une meilleure gouvernance », a-t-il insisté. Pour Michel Ongoundou Loundah, le retour à l’ordre constitutionnel ne doit pas être un simple exercice cosmétique, mais un véritable tournant vers une gouvernance plus juste et démocratique.
Alors que les prétendants à l’élection présidentielle du 12 avril 2025 commencent à se positionner, Michel Ongoundou Loundah ne cache plus ses ambitions. Son discours axé sur la refonte des institutions et la consolidation démocratique pourrait faire de lui un acteur clé dans la compétition électorale à venir.
Face aux incertitudes entourant la transition, son message semble vouloir rassurer un électorat lassé des promesses non tenues : reconstruire le Gabon sur des bases solides et pérennes. Reste à savoir si son parti, REAGIR, parviendra à mobiliser autour de cette vision d’un Gabon institutionnellement fort et détaché des logiques de personnalisation du pouvoir.
GMT TV