Mbigou : le lycée Amiar Ngahang, symbole d’une cité oubliée
À Mbigou, chef-lieu du département de la Boumi-Louetsi, le temps semble s’être arrêté. Transformé en lycée il y a quelques années, l’ancien collège Amiar Ngahang, situé au quartier Mounguembé, incarne aujourd’hui l’abandon d’une cité laissée à la marge du développement national. Des bâtiments délabrés, un portail rouillé, aucune pancarte à l’entrée, des logements d’enseignants indignes : la déchéance saute aux yeux et illustre vingt années sans le moindre édifice inauguré.
Un lycée encerclé par les herbes et l’oubli. Construit initialement comme collège d’enseignement supérieur, l’établissement fut requalifié en lycée lorsque le projet d’un lycée flambant neuf fut abandonné, laissé à la merci de la nature. Aujourd’hui, Amiar Ngahang n’a rien d’un lycée digne de ce nom. Les murs défraîchis n’ont pas vu de peinture depuis des décennies, les hautes herbes encerclent l’établissement et les logements des enseignants, vétustes au point de défier l’entendement, rappellent davantage des ruines que des habitations décentes.
À l’entrée, aucune pancarte ne signale la présence d’un lycée. Seul un portail rouillé, vestige de la création de l’établissement, ferme encore les lieux pour tenter de prévenir d’éventuels actes de vandalisme. Un décor qui trahit un abandon aussi flagrant qu’inacceptable.
Une responsabilité partagée
Comment expliquer qu’une cité comme Mbigou, terre riche d’histoire et de potentialités humaines, demeure ainsi laissée pour compte ? La responsabilité est partagée. Elle incombe au gouvernement, et notamment au ministre de l’Éducation nationale, dont le silence traduit un désintérêt coupable pour l’avenir des jeunes de la Boumi-Louetsi. Mais elle interpelle aussi les autorités départementales, les élus locaux – député et maire en tête – ainsi que les fils et filles de la localité qui, malgré leurs mandats et responsabilités, n’ont pas su changer la donne.
Une cité sans perspectives depuis 20 ans
Le constat est implacable : cela fait vingt ans qu’aucun édifice n’a été inauguré à Mbigou. Vingt ans d’immobilisme, vingt ans de promesses sans lendemain, vingt ans durant lesquels les populations assistent, impuissantes, à la lente décrépitude de leur cité. L’abandon du lycée Amiar Ngahang est le miroir de cette réalité : une jeunesse sacrifiée, privée d’infrastructures éducatives dignes, et une population reléguée dans l’oubli administratif. À l’heure où l’on parle de cinquième République et de “rupture”, Mbigou attend toujours des actes concrets. Redonner vie au lycée Amiar Ngahang n’est pas une faveur, mais une exigence de justice envers une cité que l’État semble avoir rayée de la carte du développement.









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