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Makouké : la colère gronde, quand les éléphants ravagent les champs 

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À Makouké, dans le Moyen-Ogooué, les agriculteurs vivent sous la menace permanente des incursions d’éléphants qui détruisent, en une seule nuit, des mois de labeur. Excédés, ils ont saisi la direction provinciale des Eaux et Forêts et réclament des mesures urgentes. Un cri d’alarme relayé par L’Union du mardi 6 janvier 2026.

À Makouké, l’agriculture n’est pas un simple choix économique. Elle est une condition de survie. Dans cette localité du Moyen-Ogooué, de nombreuses familles vivent essentiellement de la culture vivrière. Piment, aubergine, banane, maïs, tomate : les champs sont diversifiés et traduisent une volonté affirmée de retour à la terre, de consommation locale et d’autosuffisance alimentaire.

Mais cet espoir est aujourd’hui mis à rude épreuve. Les éléphants, attirés par des plantations devenues de véritables garde-manger, multiplient les incursions nocturnes. En quelques heures, ils ravagent des hectares de cultures, laissant derrière eux des champs dévastés et des agriculteurs désemparés. « On travaille dur pour nourrir nos familles, et en une seule nuit, tout peut être détruit », confie un exploitant agricole, la voix chargée de colère et d’impuissance.

Des plaintes déposées, des solutions attendues

Face à la répétition de ces attaques, le collectif des agriculteurs de Makouké a décidé de passer à l’offensive administrative. Selon L’Union du mardi 6 janvier 2026, une plainte a été déposée auprès de la direction provinciale des Eaux et Forêts du Moyen-Ogooué pour dévastation des plantations. Les producteurs demandent notamment l’installation urgente de barrières électriques afin de protéger leurs champs.

« Au Gabon, les pachydermes semblent être plus considérés que les humains », dénoncent-ils, amers de voir leurs efforts anéantis sans réponse concrète et durable des pouvoirs publics. Une frustration d’autant plus forte que l’agriculture est régulièrement présentée comme un levier stratégique de diversification économique et de lutte contre la vie chère.

Trouver l’équilibre entre l’homme et la faune

À Makouké, personne ne plaide pour l’élimination des éléphants. Le message est clair. « On ne veut pas tuer les éléphants, juste protéger nos cultures », insiste un riverain. Les agriculteurs appellent à un équilibre réaliste entre la préservation de la biodiversité, priorité nationale, et la protection des moyens de subsistance des communautés rurales.

Si les autorités provinciales affirment être saisies du dossier, le scepticisme demeure sur le terrain. « On a déjà entendu beaucoup de promesses, mais rien ne change », soupire un habitant. À Makouké, l’attente est désormais celle d’actes concrets, pas de discours.

Car au-delà des champs détruits, c’est la crédibilité des politiques publiques en matière de conflit homme-faune qui est aujourd’hui mise à l’épreuve. Pour les agriculteurs, l’urgence est simple et vitale : pouvoir récolter le fruit de leur travail sans craindre qu’une nuit suffise à tout réduire à néant.

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