LNBTP : 300 millions disparus, omerta et protection accordées à Didier Koumba Bamby ?
Le Laboratoire national du bâtiment et des travaux publics (LNBTP) est secoué par un scandale financier portant sur un trou de 300 millions de FCFA sans justificatifs. Ce dossier met en index l’inaction apparente des plus hautes autorités. Pis, une affaire de gouvernance en un conflit ouvert entre le Conseil d’Administration (CA) et le ministre de tutelle, Edgard Moukoumbi, accusé de protéger le Directeur Général (DG) mis en cause, Didier Koumba Bamby car ayant levé la mesure de suspension à l’encontre de ce dernier.
Tout aurait débuté avec un audit mandaté par le Conseil d’administration auprès du cabinet O&M Groupe. Les conclusions qui en sont sorties sont des plus accablantes. Absence totale d’écritures comptables depuis 2015 et des décaissements d’environ 300 millions FCFA sans pièces justificatives. Aussi, lors de la délibération du 9 janvier 2025, Didier Koumba Bamby aurait quitté volontairement la session malgré les appels des administrateurs. Suite à quoi, il a été décidé alors de sa suspension immédiate, jusqu’à la fin des investigations.
Bras de fer inouï, l’intérêt de l’État aux oubliettes ?
Toujours dans sa dynamique de lever toute équivoque sur les soupçons qui pèsent sur la gestion du Directeur général suspendu, le Président du Conseil d’administration, le 23 janvier, nommer Ludovic Mbouala Mamongo pour assurer l’intérim. Le but étant que le service public se poursuit. Pourtant, informé de la mesure, le ministre Moukoumbi ne tardera pas à réagir. En effet, dans une correspondance datée du 28 janvier 2025, le membre du gouvernement a exigé l’annulation de cette suspension, la qualifiant d’« immixtion manifeste » dans les prérogatives du ministère qu’il administre.
Une décision qui n’a pas manqué de créer une vive indignation au sein même de ladite entité publique où Didier Koumba Bamby semble ne plus être le bienvenu. Pour sa part, le Conseil d’administration s’est dit étonné. Mais au-delà des décisions prises, c’est la question de l’indépendance des organes de contrôle et l’engagement des autorités à lutter contre la corruption, qui est remis au goût du jour. Reconduire un dirigeant sans procéder à des investigations sert-il l’État gabonais? Pis encore, malgré sa suspension, Didier Koumba Bambi serait revenu au bureau le lendemain. Dans un accès de colère il aurait défoncé les portes.
La 5eme République moins importante qu’un DG ?
C’est la question qu’on est en droit de se poser au regard des faits. Gabon Media Time, qui a investigué, a obtenu des témoignages des proches du dossier qui ont révélé un compte caché à la BGFI, géré avec l’agent comptable. La même source soutient que le DG aurait été entendu par la Task Force pour manque de qualifications requises. Des informations à prendre, sans confirmation, avec des pincettes et ce, le temps que toute la vérité soit faite avec impartialité. Contacté, le cabinet du ministre défend sa posture. « Le PCA a outrepassé ses missions. Il ne lui revenait pas de suspendre le DG », a indiqué une source autorisée.
Poursuivant, notre référent a martelé que «la procédure veut que le PCA rende compte au Ministre, qui décide. ». Non sans manquer de rappeler le DG a été trouvé en poste et que les détournements concernent une période antérieure. Ce qui selon Edgar Moukoumbi l’écarte de toute implication actuelle. À l’heure où nous couchons des lignes, le commun des gabonais s’attèle à penser que le Conseil d’administration pousse pour démêler l’écheveau tandis que le ministre de tutelle bloquerait les sanctions. Ce qui rendrait dès lors Didier Koumba Bamby intouchable. Les Gabonais attendent des réponses claires pour restaurer la transparence au LNBTP. Nous y reviendrons !









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