Libreville : une adolescente torturée sauvagement par sa famille
Un climat de violence inquiétant semble s’installer dans le pays, et les premières victimes sont les jeunes. Alors que l’affaire du petit Hégire n’a pas encore livré tous ses contours, une nouvelle tragédie secoue l’opinion publique. Ce vendredi 28 novembre 2025, la vidéo d’une adolescente de 13 ans, Esther, a largement circulé sur les réseaux sociaux. Relayée par la page de l’Association Les Ailes de Bride, elle révèle les sévices atroces que plusieurs membres de sa propre famille lui auraient infligés, la qualifiant de « sorcière ». Une accusation absurde qui a bien failli lui coûter la vie.
Pourtant, l’article 4 de la loi organique n°003/2018 du 8 février 2019 portant Code de l’Enfant en République Gabonaise est clair, l’enfant a droit à la vie, à la protection et à la dignité. Mais pour les parents de la jeune Esther, ces droits semblaient n’avoir aucune valeur. Orpheline, elle porte désormais sur son corps les traces des violences d’une rare brutalité, témoignant d’actes d’une cruauté inouïe.
Dans la vidéo, la jeune fille raconte avec une voix tremblante le piège dans lequel elle est tombée. Tout a commencé à l’école. « Jeudi, alors que j’étais en classe, maman Rudy est venue demander la permission à mon enseignant pour me faire sortir. Hors du portail, je lui ai demandé où nous allions , elle m’a dit qu’on partait au PK9. J’étais contente, car je ne voulais pas rester à Avéa », explique-t-elle.
Accusée de sorcellerie, une enfant est torturée, brûlée
Mais ce qui ressemblait à une simple sortie n’était en réalité que le prélude à un véritable calvaire. Une fois arrivée au quartier Avéa, la jeune fille est conduite devant ceux qui se transformeront en bourreaux. « Tantine Rudy m’a dit qu’on venait simplement récupérer mes affaires. Une fois sur place, elle s’est mise à me traiter de sorcière. Ensuite, mes parents ont commencé à me frapper », raconte-t-elle.
Pour tenter de mettre fin à cette violence, Esther finit par avouer une faute imaginaire. « Comme tantine Rudy était sur le point de me casser le bras, j’ai dit que j’étais la sorcière. Elles m’ont attachée et frappée jusqu’à minuit. Elles m’ont brûlé le dos et le pied avec un fer à repasser. Elles chauffaient un couteau à côté de moi et ont coupé mes cheveux avec ce couteau. » Le supplice ne s’arrête pas là. Son visage aurait été enduit de piment, au point qu’elle en a temporairement perdu la vue.On lui aurait également lancé des pierres et frappée avec des chevrons.
Le plus terrifiant dans cette histoire est que personne, au sein de la famille présente, n’a tenté de la secourir ou d’interrompre cette barbarie. Face à un tel déferlement de violence, l’heure est à l’indignation nationale.Ce cas de maltraitance extrême exige une réaction urgente des autorités en charge de la protection de l’enfance. Le ministère des Affaires sociales, le ministère de la Famille, le ministère de la Justice, ainsi que les plus hautes institutions du pays sont vivement interpellés. L’enfance gabonaise ne peut, et ne doit, être abandonnée à de telles dérives.









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