Libreville : “Libérez les trottoirs”, une opération mal pensée et inefficace
Sous l’impulsion du général Judes Ibrahim Rapontchombo, d’Adrien Nguema Mba et d’autres autorités municipales, l’opération “Libérez les trottoirs” a plusieurs fois été menée, sans jamais produire de résultats convaincants. Alors que la mairie de Libreville est aujourd’hui dirigée par un nouvel édile, le moment est opportun pour rappeler que cette initiative s’apparente davantage à un jeu du chat et de la souris qu’à une véritable démarche d’embellissement urbain.
L’opération vise à débarrasser l’espace communal de ses occupants anarchiques. Sur le papier, l’idée est louable. Mais dans les faits, la réalité rattrape systématiquement les initiateurs. En dépit des moyens logistiques mobilisés et de la volonté des agents municipaux, les commerçants installés sur les trottoirs reviennent toujours, sortant bien souvent vainqueurs du bras de fer qui les oppose à la mairie.
L’insalubrité, un enjeu majeur négligé
La lutte contre l’insalubrité requiert l’implication de toutes les couches sociales pour espérer des résultats durables. Seulement, reproduire les mêmes méthodes que les équipes municipales précédentes revient tout simplement à jeter l’argent public par les fenêtres. Pierre Matthieu Obame Etoughe, en sa qualité d’édile de Libreville, gagnerait à s’attaquer aux causes profondes du problème afin d’éviter les erreurs du passé. Car un constat s’impose, les commerçants déguerpis reviennent presque toujours, faute d’alternatives viables leur permettant d’exercer légalement leur activité et dans des conditions dignes.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la restauration de l’ordre urbain passe nécessairement par une compréhension des réalités socio-économiques, non par un excès de zèle. L’incivisme est bien réel, mais obtenir des résultats probants requiert une stratégie globale et cohérente. Avant de chasser les commerçants des trottoirs, il serait judicieux de s’assurer du respect des règles de base, interdiction de jeter les ordures au sol,tri des déchets,respect des horaires de ramassage, fermeture effective des garages anarchiques. Car “Libérez les trottoirs” ne devrait pas se limiter aux seuls commerçants, mais englober l’ensemble des pratiques inciviques qui encombrent et défigurent la ville.








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