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Libreville : le mot d’ordre de SOS Éducation respecté dans plusieurs établissements

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La journée du lundi 19 janvier a été marquée à Libreville par une véritable guerre d’images entre le ministère de l’Éducation nationale et les enseignants réunis au sein de la plateforme SOS Éducation. Tandis que le ministère tentait, à travers des publications officielles, de démontrer une reprise progressive des cours, les enseignants, eux, diffusaient des preuves d’une absence quasi totale de professeurs dans les salles de classe. Afin de vérifier ces versions contradictoires, notre équipe a sillonné plusieurs établissements scolaires de la capitale. Partout, ou presque, le constat a été identique, aucune reprise effective des cours, des établissements silencieux et une atmosphère inhabituelle pour un jour annoncé comme celui de la relance pédagogique.

Au Lycée Paul Emane Eyegue d’Oloumi, où le ministère avait pourtant publié plus tôt des images montrant des élèves rassemblés autour du drapeau, la réalité observée sur le terrain contrastait fortement avec cette communication officielle. L’accès à la prise d’images nous a été refusé, malgré les assurances du chef d’établissement selon lesquelles certaines classes faisaient effectivement cours. Depuis notre position, les salles de classe étaient vides. Les rares élèves aperçus dans la cour, tentant de regagner le portail, étaient sèchement renvoyés vers les classes, dans une ambiance tendue et peu propice à un retour normal à l’apprentissage.

Des établissements vides, un malaise assumé à demi-mot

Le même constat s’est imposé au Lycée Paul Indjendjet Gondjout, aucun uniforme visible, des bâtiments déserts, aucune présence dans les couloirs ou les salles de classe. Seule animation perceptible, une dizaine d’enseignants attablés au foyer pour le déjeuner. Interrogés sur la tenue des cours, leur réponse a été sans détour : « Faites le constat par vous-même. Écoutez, les salles de classe sont vides ». Au Lycée et CES Léon Mba, la situation était similaire. Aucun apprenant à l’horizon, couloirs silencieux, absence totale de professeurs. Au lycée Léon Mba, la nervosité était palpable, au point qu’il nous a été interdit de filmer, même le silence, seulement troublé par le chant des oiseaux, en lieu et place du brouhaha habituel des élèves.

Si aucun responsable ou enseignant n’a accepté de s’exprimer devant la caméra, plusieurs apprenants rencontrés au Lycée Léon Mba ont confirmé que leurs professeurs ne s’étaient pas présentés en classe. Conséquence immédiate, l’établissement s’est rapidement vidé dès les premières heures de la matinée. Seul établissement à nous avoir autorisés à constater officiellement l’absence de reprise effective des cours, le Lycée Immaculée Conception. Faute d’élèves et d’enseignants, les responsables ont été contraints de fermer les classes. 

Globalement, la gêne était perceptible chez les chefs d’établissement rencontrés. S’ils se sont voulus rassurants pour les jours à venir, certains ont clairement imputé la situation aux parents d’élèves, accusés d’avoir gardé leurs enfants à la maison malgré l’annonce de la reprise. Pour l’heure, la situation reste confuse. Les prochains jours s’annoncent décisifs, d’autant que les enseignants affirment désormais ne vouloir dialoguer qu’avec un seul interlocuteur, le chef de l’État.

Karl Makemba

Engagé et passionné, Karl Makemba met son expertise et sa plume au service d’une information rigoureuse et indépendante. Fidèle à la mission de Gabon Media Time, il contribue à éclairer l’actualité gabonaise avec une analyse approfondie et un regard critique. "La liberté d'expression est la pierre angulaire de toute société libre." – Kofi Annan

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