Libreville : gouvernance par la donnée, la 5e Global Master Class érige les indicateurs en levier de souveraineté
Réunis le mardi 17 février dernier à Libreville à l’occasion de la 5e édition de la Global Master Class, décideurs publics, régulateurs et experts internationaux ont plaidé pour une gouvernance fondée sur la donnée. Organisée par Global Mind Consulting en partenariat avec Homme & Développement, la rencontre a mis en lumière un enjeu stratégique : dans un monde dominé par les classements et les notations, la crédibilité d’un État se mesure désormais à la qualité de ses indicateurs.
« La crédibilité d’un État ou d’une organisation ne se proclame plus : elle se mesure. » C’est autour de cette idée forte que s’est tenue, à Libreville, la 5e édition de la Global Master Class, initiative panafricaine lancée il y a cinq ans par le cabinet Global Mind Consulting. Organisée en partenariat avec Homme & Développement, la rencontre a rassemblé plus de 50 décideurs publics et privés, en présence du ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation, Mark Alexandre Doumba.
La donnée, socle de la crédibilité publique
Lors du talk d’ouverture conduit par Seynabou Dia Sall, fondatrice et CEO de Global Mind Consulting, le ministre a affirmé : « La donnée transforme profondément la manière dont l’État décide, pilote et rend compte. C’est également à ce niveau que se joue la crédibilité publique ». Dans un contexte marqué par la montée en puissance des notations financières et des classements internationaux, les intervenants ont souligné que la maîtrise stratégique des indicateurs constitue désormais un facteur déterminant d’attractivité et de résilience.
Pour Seynabou Dia Sall, « à l’ère du factuel, ce ne sont plus les discours qui définissent la crédibilité d’un pays ou d’une organisation, mais les indicateurs qui circulent sur eux ». Reprendre le contrôle de leur interprétation est devenu, selon elle, « un impératif stratégique ».
De la donnée brute à la performance mesurable
Au-delà de la dimension technologique, les débats ont mis en avant la nécessité d’intégrer une culture data au cœur du pilotage stratégique. Aïssatou Mar Fall, Directrice de Kantar Afrique francophone, a insisté sur l’impact décisionnel : « La valeur de la donnée ne réside pas dans son volume, mais dans sa capacité à orienter des décisions mesurables et éclairées. »

Richard Bouckat Bou Nziengui, Directeur général de Homme & Développement, a rappelé que la transformation passe également par le management : « Convertir l’information en indicateurs opérationnels permet d’ancrer la performance dans le quotidien des organisations. »
Infrastructures, régulation et fiabilité
La table ronde réunissant des représentants de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP Gabon), de Forvis Mazars Gabon et d’INFRACOM a identifié trois leviers structurants : le renforcement des infrastructures numériques, une régulation équilibrée favorisant confiance et innovation, et la fiabilité des données pour limiter les risques financiers et réputationnels.
Dans un environnement où l’accès aux financements internationaux et la confiance des investisseurs reposent sur des indicateurs tangibles, la gouvernance par la donnée apparaît comme un outil de souveraineté stratégique. Cinq ans après son lancement, la Global Master Class confirme ainsi son ambition : contribuer à l’émergence d’une culture décisionnelle fondée sur la preuve, la mesure d’impact et la performance mesurable. À Libreville, le message est clair : la souveraineté ne se décrète plus, elle se chiffre.








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