Libreville : Dick Fabrice Boungou Mickolo, un parquetier de métier procureur de la République
Nommé à l’issue de la première session extraordinaire du Conseil supérieur de la magistrature du 19 décembre 2025, Dick Fabrice Boungou Mickolo a été installé procureur de la République près le Tribunal de première instance de Libreville. Une consécration pour un magistrat au parcours ascendant, façonné par le terrain, la rigueur et une connaissance fine de la chaîne pénale.
La nomination de Dick Fabrice Boungou Mickolo à la tête du parquet de Libreville n’a rien d’une surprise pour les observateurs avertis de la justice gabonaise. Elle vient couronner près de dix-sept années d’un itinéraire professionnel construit avec constance, au croisement de l’exigence pénale, de l’expérience juridictionnelle et du sens de l’État. À la succession de Bruno Obiang Mvé, le nouveau procureur hérite du parquet le plus exposé du pays, dans un contexte d’attentes accrues en matière de fermeté, de célérité et de respect des droits fondamentaux.
L’école du parquet, socle d’une vocation
Titulaire du Diplôme des études judiciaires, Dick Fabrice Boungou Mickolo intègre la magistrature en 2008. Il débute comme substitut du procureur de la République près le Tribunal de première instance de Franceville (2008–2011). Cette première immersion forge sa culture du ministère public, au contact direct des réalités pénales et sociales, et installe les bases d’une pratique marquée par la proximité et la responsabilité.
De 2011 à 2013, il est procureur de la République adjoint à Port-Gentil, avant d’occuper les mêmes fonctions à Libreville entre 2013 et 2015. Ces affectations successives dans les principales juridictions du pays renforcent sa maîtrise des enjeux de l’action publique et de la coordination des services de la chaîne pénale.
Le détour par le siège, un atout stratégique
Nommé premier vice-président du Tribunal spécial de Libreville (2015–2016), le magistrat opère un passage déterminant au siège. Cette expérience affine son regard juridictionnel, tant dans la conduite des audiences que dans l’analyse des dossiers complexes. Une double culture, parquet et siège, qui deviendra l’une de ses marques professionnelles.
Revenu au parquet, il exerce comme substitut général près la Cour d’appel judiciaire de Port-Gentil (2016–2017), puis comme procureur de la République près le Tribunal de première instance de Port-Gentil (2017–2018). À ce poste, il assume la direction du parquet dans une juridiction à forts enjeux économiques et sociaux, confirmant son autorité et sa capacité à piloter l’action pénale.
De la cour d’appel aux contentieux spécialisés
De 2018 à 2021, Dick Fabrice Boungou Mickolo est substitut général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville, avant d’y être nommé avocat général de 2021 à 2024. Ces responsabilités témoignent d’une confiance hiérarchique renouvelée et d’une expertise reconnue dans le traitement des dossiers sensibles.
En 2025, il accède à la présidence de la chambre correctionnelle spécialisée, consolidant son profil de pénaliste aguerri et son aptitude à gérer des contentieux à forte technicité.
Un parquet de première ligne, des attentes élevées
Son installation comme procureur de la République près le Tribunal de première instance de Libreville apparaît ainsi comme l’aboutissement logique d’un parcours cohérent et exigeant. À la tête du principal parquet du pays, le nouveau procureur est attendu sur plusieurs fronts : efficacité de l’action publique, lisibilité de la politique pénale, lutte contre l’impunité et garanties procédurales.
Dans un environnement institutionnel en recomposition, Dick Fabrice Boungou Mickolo est désormais appelé à imprimer sa marque : une justice pénale rigoureuse, équilibrée et pleinement inscrite dans les principes de l’État de droit. Un défi à la hauteur d’un magistrat forgé par le terrain et les responsabilités.









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